Daniel Negreanu rêvait à une carrière d’athlète professionnel. Le Canadien d’origine a joué mais avec les cartes au lieu d’une rondelle ou d’un ballon. Avec un certain succès, lui qui a cumulé 60 M$ de gain à vie. S’il se retrouve ces jours-ci au Super circuit des World Series au Poker (WSOP) au Playground de Kahnawake, c’est pour ajouter à sa légende.
Des milliers de joueurs se retrouvent au Playground depuis le 28 août. Plusieurs tournois satellites sont en cours avec l’événement principal qui débute le 3 septembre. À l’enjeu 10 M$ et une bague.
Negreanu en détient déjà une, remportée il y a quelques années au Mississippi. «Après que j’aie remporté ce tournoi, ça m’en fera deux», a-t-il affiché avec confiance.
Quand il parle de sa carrière, celui qui est désormais établi à Las Vegas ne parle pas d’argent. Le joueur de poker préfère parler des bracelets ou des bagues.
Plus tôt cet été, il en a remporté un huitième au High Roller Pot-Limit Omaha qui impliquait 83 joueurs.
«Je suis fier d’avoir huit bracelets, mais en tout honnêteté, je crois que je devrais en avoir beaucoup plus, a-t-il laissé savoir. J’ai terminé beaucoup trop de fois en deuxième position. C’est l’objectif de gagner. Je joue les événements WSOP pour les bracelets. C’est ce qui est plaisant et prestigieux.

L’ambassadeur de GG Poker s’est assis pour jouer quelques mains mercredi après-midi, en attente de l’événement principal qui s’amorce le 3 septembre. (Photo Le Soleil : Eric Tremblay)
Un jeu mental
Sa carrière dans la Ligue nationale de hockey ou dans la Ligue national de basketball ne s’est pas concrétisé.
Il a plutôt développé ses habiletés avec les cartes et les jetons. Parce que le poker demeure un jeu qui, pour certains est un loisir, mais pour lui, une réelle passion.
«Au poker, je n’ai qu’à utiliser ceci [dit-il en pointant sa tête]. C’est un jeu compétitif, je suis une personne compétitive. J’adore la stratégie alors tous les éléments du poker allaient bien avec moi.»
Il s’est fait une spécialité au fil des ans à «lire» tout ce qui avait dans la partie de poker. Il enregistre toutes les données. Et Negreanu passe à l’action au moment venu.
«Quand je m’assois à une table de poker, je regarde plusieurs éléments, explique-t-il. Je veux comprendre les personnes, d’où ils viennent, comment ils pensent, qui ils sont. Puis voir comment ils misent. Quels genres de mains ils jouent et regarder leur visage et leurs manies. Le plus d’informations que tu peux aller chercher, le mieux tu es équipé pour prendre les décisions quand ça compte.
Comme un athlète, une bonne hygiène de vie, que ce soit l’alimentation et le sommeil, peut avoir un bon impact sur les résultats.
Mais pour le joueur professionnel et aussi ambassadeur de GG Poker, c’est une fois assis à la table que ça se joue. Il établit alors sa stratégie selon ses partenaires de jeu.

Des milliers de joueurs sont attendus au Playground pour l’événement qui comprend plusieurs tournois et qui remettre 18 bagues et une bourse globale de 14 M$. (Photo Le Soleil : Eric Tremblay)
Chance et résilience
Le but du jeu du Texas Hold’em est d’avoir la meilleure main à l’aide de deux cartes fermées et cinq cartes communes à tous les joueurs. Le croupier distribue les cartes, ce qui est aléatoire.
Le hasard est présent, mais pas tant que ça non plus.
«La chance fait partie du poker, bien entendu, souligne Neagreanu. Mais je la décrirais de cette façon; si nous jouons une partie, les chances sont 50-50. Mais si on joue des milliers de mains, des millions de main, je vais gagner. À long terme, les habiletés prennent le dessus.
La gestion des émotions est une autre facette du poker qui est capitale. Parce qu’à chaque main, il y a un gagnant, mais aussi des perdants. La capacité de l’accepter et de rebondir sont des qualités des grands joueurs.
«La résilience est importante au poker, a indiqué Daniel Negreanu. Tu vas te faire battre; même si tu fais tout bien, tu peux quand même perdre. À plusieurs reprises. Mais les vrais champions sont capables de l’encaisser et continuer à se battre jusqu’à temps que les choses tournent à leur avantage.»

La chance n’est peut-être pas un grand facteur au poker, n’empêche, un porte-bonheur joue toujours sur la confiance. (Photo Le Soleil : Eric Tremblay)
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