Du 28 août au 12 septembre, le World Series of Poker Super Circuit Series s’arrête au Playground de Kahnawake. De nombreux joueurs se battront pour une part des 14 M$ en jeu et la fameuse bague remise au gagnant. Du groupe, Frédéric Normand, qui calcule son jeu non pas sur les as dans ses mains, mais dans les variances.

«C’est le plus beau jeu qui existe, estime le joueur de poker qui se situe au 34e échelon du palmarès canadien . Ça englobe tellement de choses. Chaque main est unique. C’est comme au tennis; la balle ne tombe jamais à la même place.»

Âgé de 30 ans, Frédéric Normand s’est assis à des tables aux États-Unis, aux Bahamas ou en Italie pour jouer au poker. Au Bestbet Scramble de 2023 à Jacksonville, il a remporté un tournoi qui lui a permis de mériter un prestigieux bracelet d’argent.

«Tu regardes les cartes communes; le poker, c’est un jeu d’informations, laisse-t-il savoir. Comme un inspecteur de police qui entre sur une scène de crime, tu observes ce qui se passe. Tu veux résoudre le problème. Dans ce cas-là, il y avait une question de combinaison.»

Sa vision du jeu est que le poker allie psychologie, mathématiques et relations humaines.

Pas de la chance

Une partie de Texas Hold’em implique que chaque joueur possède deux cartes. Ils complètent leur main avec cinq cartes communes déposées sur la table. Celui qui a la main de cinq cartes la plus forte serait le vainqueur. Mais il peut y avoir une part de bluff qui se conjugue avec le risque. Car la chance et le hasard ne font pas partie de l’équation.

L’événement principal du WSOP Super Circuit Series présenté au Playground estdoté d’une bourse globale de 10 M$ et d’une bague qui sera remise au champion. (Photo : gracieuseté)

«Je dirais plus qu’il y a un facteur variance, résume-t-il. Comme lorsque tu joues au golf et qu’il y a 10% de chances de pluie. Tu peux décider d’aller jouer sans emporter ton parapluie; en théorie, il ne devrait pas pleuvoir. Mais il se peut aussi qu’il pleuve. C’est hors de ton contrôle.»

Gérer les émotions

Autre beauté du poker, il y a un gagnant, mais aussi un perdant à chaque main. Un joueur peut avoir des attentes élevées envers une main. Mais quand même, voir ses jetons changer de mains. «J’appelle ça te faire briser l’âme, annonce Frédéric Normand. Mais il faut passer au suivant rapidement. Ça m’arrive de perdre, et je ne m’en fais pas trop. J’ai déjà vu des joueurs perdre de gros montants sans broncher. Ça fait partie de la game. Ça serait plate si la meilleure main gagnait toujours.»

Une partie de poker peut se prolonger pendant des heures. Des jours. Les joueurs s’éliminent tout au long de la partie et les rivaux changent.

«Le poker, c’est comme une équation mathématique impossible à résoudre à long terme… mais on essaie quand même de la résoudre.»

Frédéric Normand

Si bien qu’une préparation est requise avant un tournoi. Qui implique du repos, une alimentation adéquate et la gestion des émotions.

Apprendre sur soi-même

L’humain est une créature émotionnelle soutient Frédéric Normand. Et jouer au poker lui a grandement permis d’apprendre sur lui-même.

«Je suis plus résilient que je le pensais, annonce-t-il. J’étais un passionné du jeu et j’ai vu que les gens pouvaient voyager pour jouer dans de belles places dans le monde. Je n’ai pas abandonné ce rêve. J’ai mis du temps là-dedans et pris certains risques. J’ai découvert aussi que j’étais patient. Je suis difficile envers moi-même au point où je dis que je veux me couper un doigt quand je fais une erreur. J’essaie que ça vienne moins me chercher. D’accepter que l’erreur soit humaine.»

Depuis qu’il joue au poker, il a remporté des événements majeurs et passés proche d’être victorieux à d’autres.

Son prochain rêve est de devenir ambassadeur du poker, un jeu qu’il admire.

Comme un tournoi local

Il a hâte de s’asseoir aux tables du Playground pour le plus important tournoi de poker jamais disputé au Canada. Un endroit qu’il connaît bien.

«J’ai beaucoup joué au Playground plus jeune et c’est une super belle salle, avoue Frédéric Normand. Je vais me retrouver dans une zone de confort en quelque sorte parce que je connais l’endroit et le personnel. Le Circuit Serie se promène à travers la Terre, c’est gros comme tournoi. Je ne sais pas trop quand je vais commencer le tournoi, mais je vais jouer presque pas mal tout. Ce n’est pas trop mon genre de prendre congé. J’aime prendre pas mal tout ce qu’il y a sur le menu.»