Nicole Lapierre a vendu sa maison située sur le boulevard Salaberry à la Ville de Mercier pour 1 $ récemment. Un important affaissement de son terrain dans la rivière Châteauguay l’oblige à quitter la maison dans laquelle elle habitait depuis 50 ans.

Le terrain longe le cours d’eau. Les fortes pluies, tombées le 10 août, ont occasionné l’effondrement du terrain «à peu près à 3 pieds de la résidence», a affirmé la mairesse, Lise Michaud, lors de la séance publique en octobre.

La propriétaire de la maison, Nicole Lapierre, se souvient très bien du jour de l’effondrement de sa cour qui s’est produit pendant la nuit. Le lendemain matin, de la fenêtre, la femme ne voyait plus l’arbre sur le terrain. «Qu’est-ce qui arrive à mon arbre ce matin, s’est-elle demandé. Tout était dans la rivière. C’est énorme ce qui s’est passé.»

Nicole Lapierre. (Photo : Le Soleil – Valérie Lesssard)

À la lumière des événements, les services d’urgence de Mercier ont convenu que la propriétaire devait quitter les lieux, par mesure de sécurité. Après avoir été informé de la situation, le gouvernement du Québec a offert plusieurs options à Mme Lapierre.

Entamer des travaux pour réparer les dégâts s’avérait trop dispendieux. La propriétaire n’était pas intéressée à déménager sa propriété sur un autre terrain. Nicole Lapierre a opté pour une allocation de départ. «Je suis la première évacuée et qui a vendu son terrain à la Ville», dit-elle.

Sur son passage, le glissement de terrain a entraîné un arbre dans la rivière Châteauguay. (Photo : Le Soleil – Valérie Lesssard)

Allocation de départ

La propriétaire est admissible au Programme général d’assistance financière lors de sinistres, du ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP). Pour qu’elle en bénéficie, la Ville doit acheter le terrain au coût de 1 $. Elle doit également interdire toute construction sur le lot à moins que des aménagements sécurisent le site, a expliqué la mairesse.

Mercier a accordé le permis de démolition de la maison, informe le directeur général de la Ville René Chalifoux. La résidente doit voir à la disparition de la propriété à l’intérieur d’un délai précis. «Après, on va passer chez le notaire pour acquérir le terrain», ajoute-t-il.

La Ville n’envisage aucun projet pour le terrain, une fois vacant. «C’est la première fois que ça nous arrive. C’est vraiment particulier», a confié Mme Michaud.

Un grand stress

Au début du processus, Mme Lapierre s’est sentie seule et a cru avoir tout perdu de la propriété dans laquelle elle a habité 50 ans. 

«C’est beaucoup de stress», avoue-t-elle. Les procédures sont longues. La démarche a occasionné un deuil. Mme Lapierre se porte mieux, confie-t-elle. La démolition prochaine de sa résidence la touche. «Ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé. Ç’a m’a été imposé», conclut-elle.

En octobre, les élus se sont entendus pour demander du financement dans le cadre de programmes gouvernementaux de Québec et Ottawa afin d’étudier et solutionner les problématiques reliées aux inondations.