Nikolas Poissant, un romancier originaire de Sainte-Martine, écrit depuis son adolescence. Il a publié son premier roman en octobre. Le Harfang des neiges s’inspire des bonheurs, mais aussi des épreuves de sa vie, soit les décès de son frère et son père.
Les bonheurs de Nikolas Poissant prennent forme dans les paysages ruraux qui l’ont entouré, durant son enfance. «Il y a de grandes étendues de terres agricoles. Ça donne l’impression de l’infini. Ça me séduisait quand j’étais jeune», mentionne-t-il en référence à Sainte-Martine en ajoutant s’étonner que peu d’écrivains décrivent la Montérégie dans leurs ouvrages. Le choix du titre de son roman, le Harfand des neiges, le ramène également à sa jeunesse. M. Poissant se souvient avoir vu à maintes reprises l’oiseau de proie juché au sommet de silos de fermes durant l’hiver. «J’aime beaucoup son côté observateur, témoin contemplatif», affirme-t-il. M. Poissant a résidé à Sainte-Catherine de 2020 à 2024.
Entre la réalité et la fiction, le Harfang des neiges réfère également aux épreuves de l’écrivain de 24 ans. Son frère, 3 ans, est décédé par noyade en 2012. Son père s’est suicidé en 2023. Il avait 54 ans.
Le Harfang des neiges, c’est l’histoire d’Absalon qui étouffe «sous le poids d’un passé familial brisé». Après la noyade de son frère et le décès de sa mère, l’aristocrate n’a pour seule famille qu’un père autoritaire et violent. Le patriarche contraste avec Annie Marceau, la mère «parfaite» de Nikolas Poissant. Le romancier a fait du harfang des neiges l’emblème de son personnage principal.

Après un essai non publié, M. Poissant a commencé à alimenter le contenu de son premier roman à l’âge de 16 ans. Au fil du temps, le synopsis s’est raffiné, des événements réels se sont ajoutés à l’intrigue, dit-il. L’année 2025 a été consacrée à la rédaction du Harfang des neiges.
Créer le bien
Pour Nikolas Poissant, partager son histoire avec les autres lui permet de donner et de recevoir. Il souhaite créer le bien en apportant le courage aux lecteurs en difficulté. «Ça fait du bien de lire quelqu’un qui a vécu la même épreuve que nous», souligne-t-il. Et recevoir? Par l’écriture de son premier roman, il a «tourné la page». Les blessures de son enfance et le deuil appartiennent au passé.
Le bachelier en histoire complète une maîtrise dans le même programme. Il a agi également comme tuteur. «La maîtrise de l’écriture et la compréhension de lecture permettent d’élaborer des analyses plus claires et fines. Transmettre cette passion m’enthousiasme beaucoup», soutient-il.
Artiste avant tout, il conçoit le dessin et la lecture comme des médiums pour «faire de la beauté même si la vie peut nous paraître dure». «On change notre douleur en œuvre d’art», dit-il du dessin. Quant à la lecture, elle formule les émotions.


