Un épisode de Situation d’urgence diffusé à Canal D cet automne raconte comment la vie d’un homme de Châteauguay a été sauvée dans des conditions très difficiles.

Bernard Paré confie qu’il a accepté de témoigner pour rendre hommage aux ambulanciers.

L’émission reconstitue le drame.

Le 27 décembre 2012, en début d’après-midi, il a été terrassé par un arrêt cardiorespiratoire dans sa maison. Constatant qu’il n’avait plus de signes vitaux, sa conjointe Dominique a alerté le 911. Elle a suivi la consigne de la personne au bout du fil de pomper le cœur de son époux en attendant les paramédics. L’attente fut longue de plusieurs minutes.

 Le gouvernement doit regarder l’importance de ces gens-là dans notre société

Le 27 décembre 2012, une tempête faisait rage. Une épaisse couche de neige recouvrait la rue où habite M. Paré. L’ambulance s’est enlisée à quelques dizaines de mètres de chez lui. Les ambulanciers ont marché en s’enfonçant dans la manne blanche avec leur lourd équipement pour enfin atteindre sa maison.

Extrait de l’émission.

À l’intérieur, ils sont parvenus à réanimer Bernard Paré. De retour à lui, celui-ci s’est montré très agité et agressif. Les paramédics ont dû faire appel à la police pour le maîtriser. Ils redoutaient que son cœur flanche à nouveau.

Une fois la victime sur une civière, ambulanciers et policiers l’ont transportée jusqu’à l’ambulance. Le véhicule était solidement embourbé. Une dépanneuse est venue à bout de le relancer au bout d’environ 45 minutes.

Intitulée «La tempête du siècle», l’émission de Canal D reconstitue le tout avec des comédiens et des témoignages des gens qui étaient sur place dans la réalité. M. Paré, sa conjointe Dominique et les paramédics Mathieu Lacombe et Sylvain Larivière, de la CETAM.

Sylvain Larivière
Mathieu Lacombe

 

 

 

 

Pas de séquelles

«Ça explique bien l’histoire», a noté Bernard Paré, en entrevue au Soleil de Châteauguay près de cinq ans après les événements. Il se compte chanceux. Malgré les nombreuses minutes passées en arrêt cardiorespiratoire, il n’a aucune séquelle comme l’anticipaient les intervenants. «Je suis sorti de ça miraculeusement», dit-il. Bernard Paré ne garde aucun souvenir de sa mésaventure. «À mon réveil, à l’hôpital, je pensais qu’on me faisait une blague. Entre le moment où j’écoutais la télé et mon réveil dans la chambre d’hôpital, je ne me souviens de rien. C’est un trou noir», fait-il part.

Merci aux ambulanciers

Bernard Paré n’a pas dit oui tout de suite quand la recherchiste de Canal D l’a contacté en novembre 2015 pour raconter son histoire. «Parler de ma santé devant tout le monde, ça ne m’intéresse pas. J’ai accepté de témoigner pour rendre hommage aux ambulanciers. C’est une manière pour moi de leur dire merci. Ce n’est pas rose leur travail», exprime-t-il.

L’homme s’est porté à la défense de ces intervenants qui sont actuellement en grève, sans arrêter d’accomplir leur mission puisqu’il s’agit d’un service essentiel.

«Ils méritent des conditions de travail qui ont de l’allure. Le gouvernement doit regarder l’importance de ces gens-là dans notre société», insiste M. Paré.

Comment la mort a changé sa vie

Avoir vu la mort de si près a-t-il changé quelque chose pour Bernard Paré ? «Oui. J’accorde beaucoup d’importance à ma famille. Au temps qu’on passe ensemble. Si demain matin, la switch se met à off, je veux avoir laissé des beaux souvenirs», confie-t-il. L’argent compte moins à ses yeux. «Les expériences ont plus de valeur que l’argent. Ce que je me souviens de mes parents, ce n’est pas l’argent qu’ils m’ont laissé. C’est quand on allait à la pêche dans le coin de Montmagny», assure-t-il.