Des regards ou des sourires ne peuvent être confondus avec un consentement pour un rapport sexuel. Il s’agit de la conclusion retenue par le juge Bertrand St-Arnaud qui a déclaré le Châteauguois Jesse Lavigne coupable d’agression sexuelle lors d’un jugement rendu le 11 février.

Le juge a aussi reconnu l’absence de crédibilité dans le témoignage de l’accusé. Celui-ci a initié un rapport sexuel non consensuel avec une jeune femme contactée via l’application Snapchat le ou vers le 18 juillet 2022.

L’accusé a reconnu n’avoir posé aucune question à la plaignante pour confirmer son désir de procéder à une relation sexuelle. Pour lui, le contexte de la soirée constituait une invitation de la plaignante à des activités sexuelles.

De plus, il a été admis en cour que l’accusé était autiste. Au point où il a indiqué avoir beaucoup de difficulté à bien comprendre les gens. Il a indiqué que ceux-ci doivent être directs avec lui.

«Or, pourtant bien conscient de cette problématique, il est frappant de constater que jamais l’accusé ne demande expressément à la plaignante si elle consent à l’embrasser ou si elle consent à une pénétration vaginale pour s’assurer dudit consentement», a écrit le juge St-Arnaud dans son jugement de 25 pages.

La mère de l’accusé a aussi témoigné en faveur de Jesse Lavigne. Le juge St-Arnaud a cependant noté des problèmes de fiabilité dans son témoignage avec des passages assez étonnants par moment et des imprécisions.

Des blessures

La victime et l’accusé ont fréquenté la même école secondaire, mais n’avaient jamais entretenu de contact ou relation.

Il a initié le contact à partir d’une plateforme de messagerie lors du jour d’anniversaire de la plaignante.

Durant la soirée, à laquelle sont aussi présentes deux autres personnes, il y a eu consommation d’alcool et de cannabis dans un hangar.

Lorsqu’une des personnes s’est sentie mal, Jesse Lavigne est entré à la maison pour chercher un verre d’eau. La victime l’a suivi pour aller à la salle de bain.

C’est à l’intérieur de la résidence que l’agression a eu lieu. L’accusé l’a tirée vers sa chambre à l’étage et est passé à l’acte.

La plaignante dit avoir répété à quelques reprises son souhait de quitter les lieux. L’accusé n’a pas intercédé à cette demande et il a poursuivi ses gestes. La victime dit avoir figé.

Au terme de ce rapport, elle a subi des blessures au niveau de la poitrine.

Le juge a retenu que celle-ci était crédible dans son récit à la cour. Pour lui, la soirée était plutôt placée sous le signe de l’amitié si bien que la plaignante était bien loin de prévoir des rapprochements intimes avec l’accusé ce soir-là.

Un rapport présentenciel a été demandé par le juge Bertrand St-Arnaud.