Yolande Baril Cécyre, de Châteauguay, est finaliste au titre d’agricultrice de l’année de la Montérégie-Ouest.
De la ferme J.M. Cécyre vouée à la production de grandes cultures, Mme Cécyre défend l’honneur de la MRC de Roussillon.
Ce que cette nomination représente pour elle ? Voici sa réponse :
«Ce que cette nomination représente pour moi ? C’est que ma participation au concours «Hommage aux agricultrices» m’aura permis un temps d’arrêt pour mieux me connaître et compiler tout ce que j’ai accompli dans ma vie comme mon implication sur la ferme, dans des associations agricoles, des regroupements en lien avec l’histoire et la généalogie, etc. J’ai réalisé que l’agriculture a été et continue d’être mon quotidien et ce depuis plus de 44 ans et est pour moi une profession de liberté où tu es maître chez toi, vivant au rythme des saisons et de la température souvent stressante mais que l’on doit apprendre à gérer.
En 2018, beaucoup de femmes impliquées sur une entreprise agricole ne se considèrent pas nécessairement comme agricultrice parce qu’elles s’imaginent que, pour avoir ce titre, elles doivent posséder un titre de propriété. Or, le moindre travail réalisé en lien avec l’entreprise, fait de cette femme une agricultrice parce que l’entreprise vit de ses efforts et de son implication si minimes soient-ils. Avec les années, j’ai appris à prendre ma place et ce n’est pas sans discussion et sans savoir faire valoir ses points de vue divergents et d’afficher ses capacités. Dès les débuts de notre mariage, même si je n’allais pas régulièrement à l’étable ou dans les champs, je me considérais comme «la femme d’un agriculteur» parce que le mot agricultrice n’était pas employé et avec les années c’est comme agricultrice que j’ai débuté, que je suis passée par le stade de productrice agricole (membre de l’UPA) pour revenir comme agricultrice avec la tête et le cœur remplis de connaissance et d’amour pour ce beau métier et pour mon homme.
J’ai suivi plusieurs formations agricoles et toutes ces formations et ces implications m’ont apporté et m’apportent encore une meilleure connaissance des lois, de l’agriculture, de rencontrer des gens du même milieu que moi, de m’enrichir à leur contact et développer une meilleur estime de moi-même. Aussi, de réaliser que nous vivons toutes et tous les mêmes problèmes et d’avoir appris à prendre ma place dans un milieu qui à l’époque était plus marqué par la gent masculine. Tout cela m’a permis de ne pas avoir peur de donner mon opinion, de m’exprimer, de faire connaître mes attentes et mes besoins et de valoriser l’agricultrice dans son milieu de vie et dans la société, de même que valoriser l’agriculture comme profession.
Ma participation à ce concours se veut pour l’ensemble des agricultrices, une louange à cette profession par la reconnaissance pour tout ce que j’ai fait et que je continue de faire malgré une diminution de mes tâches par la venue de la relève qui est notre fils. J’espère être encore capable si la santé me le permet, de réaliser tous mes rêves car j’en ai beaucoup que ce soit au niveau de l’avenir de mes enfants, de mes petites-filles, de l’écriture, des voyages, et de mes autres loisirs.
C’est évident que toute la partie agricole de ma vie, je la dois entièrement à mon mari car en l’épousant c’est cette belle profession que j’ai épousée. La vie sur une ferme exige beaucoup au quotidien et au niveau du couple car nous nous côtoyons vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La planification se fait à deux en fonction des occupations de l’autre. Cela ne se fait pas toujours sans heurt, mais on parvient toujours à concilier le tout. Nous avons su au fil des ans faire prospérer cette entreprise et je suis certaine que les générations passées seraient fières de voir ce qu’est devenu ce patrimoine familial qui fut légué aux générations futures.
Donc, c’est le 6 octobre prochain que le dévoilement de «l’Agricultrice de l’année» pour la grande région Montérégie-Ouest lors du gala se tiendra à l’hôtel Plaza de Valleyfield. Ce concours se fait parmi six belles femmes qui ont à cœur l’agriculture d’aujourd’hui et de demain.»
La lauréate de la Montérégie-Ouest deviendra la finaliste du territoire au gala provincial Saturne prévu le 20 octobre, qui couronnera l’agricultrice de l’année.
