« Je me suis sentie rejetée »
Une Campivallensienne aux prises avec divers problèmes de santé comprend mal comment le personnel de l’urgence de l’Hôpital du Suroît ait pu la retourner chez elle, alors qu’elle a pu néanmoins obtenir des soins à l’hôpital Anna-Laberge, à 35 km de chez elle.
Isabelle Charrette avait été transportée en ambulance à l’urgence de la rue Saint-Thomas le 30 juillet, alors qu’elle démontrait des symptômes inquiétants. « Je tremblais de partout », raconte-t-elle.
Bien qu’elle souffrait déjà des problèmes rénaux et d’épilepsie, l’infirmière au triage ne la croyait pas, selon son conjoint. Même après avoir expliqué son état au médecin de garde, ce dernier aurait eu la même attitude et lui aurait conseillé « de ne plus revenir. »
Mme Charrette explique : « J’ai des problèmes d’insuffisance surrénalienne (maladie rare qui survient lorsque les glandes surrénales ne produisent pas assez d’hormones) et quand je suis en manque de cortisone, on m’a conseillé de me présenter à l’urgence. Mais cette fois-là, on m’a dit que j’abusais du système. »
La dame s’est alors rabattue sur l’hôpital de Châteauguay (CHAL) où elle a pu obtenir les soins requis sans problème. Elle y a été hospitalisée 3 ou 4 jours, ajoute-t-elle.
Le 1er septembre, sous la recommandation du CLSC, elle est retournée à l’urgence du Suroît en raison de problèmes urinaires, alors qu’elle doit porter un sac abdominal. Malgré un test sommaire, elle a une fois de pus été retournée chez elle.
Le lendemain, toujours mal en point, elle est retournée au CHAL où elle a été gardée jusqu’au 6 septembre puisqu’on lui a diagnostiqué une bactérie aux reins.
« Je peux comprendre qu’ils soient surchargés, admet Mme Charrette au sujet de l’urgence du Suroît, mais se faire dire de ne pas revenir, c’est ordinaire. Surtout que je suis une personne à mobilité réduire et qu’on ne possède pas de voiture. Je me suis sentie rejetée par le système, livrée à moi-même », témoigne-t-elle.
Mêmes évaluations dans toutes les urgences
Du côté de Santé Québec Montérégie-Ouest, la porte-parole Anick Drouin précise d’une part que, par souci de confidentialité, elle ne peut commenter les circonstances précises des visites mentionnées.
Elle explique cependant que les mêmes principes d’évaluation clinique s’appliquent dans toutes les urgences. « Il ne s’agit donc pas de critères différents d’un hôpital à l’autre, mais d’une prise en charge déterminée selon l’état clinique observé lors de chaque consultation », écrit-elle.
« …pour une même personne, les soins ou les interventions peuvent différer d’une consultation à l’autre, puisque son état de santé et ses symptômes peuvent avoir évolué. À état clinique et symptômes comparables, l’évaluation mènera à une prise en charge comparable, peu importe l’hôpital où la personne se présente. »
Les deux versions obtenues apparaissent totalement divergentes. On ignore cependant quelles paroles ont été prononcées, quelle était l’attitude des personnes impliquées, des éléments qui pourraient fournir un éclairage sur ce qui s’est réellement passé.

