Nouveau député de Beauharnois à l’Assemblée nationale du Québec, élu avec plus de 10 000 voix de majorité, Alexandre Daneau estime que ce résultat lui procure une solide légitimité, mais aussi une grande responsabilité.
Lors d’une entrevue exclusive, après que la fièvre électorale soit retombée, Daneau demeure humble et concède que cette performance ne lui incombe pas à lui seul. « Le vote national a joué pour beaucoup, les gens avaient soif de changement, dit-il. De mon côté, ma tâche était d’accoter le capital de sympathie que détenait déjà (le député sortant) Claude Reid. »
Élu au sein d’un gouvernement minoritaire, le député de Beauharnois est d’avis que ce contexte s’avère néanmoins riche au niveau démocratique. « On n’aura pas le choix de s’allier à d’autres partis, que ce soit Québec solidaire pour des dossiers à saveur communautaire ou à un parti plus à droite sur des questions de simplification de l’État. »
Quant à son influence dans les décisions prises au caucus des députés, il dit croire qu’elle peut être supérieure dans un caucus de 59 députés que dans un comptant plus de 80 députés, comme celui de la CAQ. « Ma force a toujours été de savoir établir des liens avec les gens. »
Dossiers prioritaires
La première tâche à laquelle le nouvel élu compte se consacrer est celle d’assurer la transition et de mettre en place son équipe de comté.

Le dossier de l’itinérance, déjà identifié comme prioritaire par le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, pourrait aussi avoir sa version régionale, dit-il. Mais Daneau laisse entendre qu’il serait facultatif si jamais l’exercice national a pour effet de drainer les énergies des intervenants du milieu.
L’avenir de l’Hôpital du Suroît demeure aussi prioritaire à ses yeux. « Je veux prendre connaissance de tout ce dont je n’ai pas encore connaissance dans ce dossier, comme les montants de 200 M$ qui sont déjà réservés au PQI », note-t-il, en comparant ce dernier à un « stationnement à projets. »
L’intégration du territoire de Coteau-du-Lac et le développement de son parc industriel, tout comme le projet de nouveau quai au port de Valleyfield et les dossiers agricoles demeurent également dans ses pistes d’intervention.
Nouveau rythme de vie
Pour le comédien de formation et aussi homme d’affaires, la vie politique s’avère une suite logique de son cheminement professionnel. Mais le lendemain électoral signifie également un nouveau style de vie.
« J’ai dû mettre ma carrière d’acteur sur pause depuis le début de l’été, je demeure propriétaire du restaurant (Patate Malette) mais là, il y aura un mur coupe-feu entre mes deux occupations », dit-il.
Mais c’est surtout son recours aux réseaux sociaux qui sera particulièrement nouveau, lui qui n’y avait accès que très rarement pour se mettre en valeur, jusqu’à tout récemment.
La vie familiale s’annonce aussi bouleversée, lui qui a toujours été très présent pour ses filles, dit-il. Et le changement pourrait devenir plus important si jamais d’autres fonctions lui étaient confiées au sein du gouvernement de PSPP.
L’indépendance
La récente campagne électorale a permis à Alexandre Daneau de découvrir une solide fibre indépendantiste dans la circonscription. « Il y a de fortes braises bleues dans la région qui n’attendaient que quelqu’un souffle dessus », selon lui.
« Mais je comprends ceux qui disent qu’ils ne sont pas prêts, poursuit-il. Quand on regarde l’état des besoins, il y a lieu d’agir et faire en sorte qu’on reprenne confiance en nos moyens », ajoute-t-il, établissant un lien avec les années de la Révolution tranquille.

