À chaque élection, l’accès aux soins de santé revient parmi les enjeux prioritaires de la population. La région n’y fait pas exception. Au fil des ans, nous avons entendu beaucoup de promesses et d’engagements…et pourtant l’accès à la première ligne est encore difficile.  Aussi, l’ouverture éventuelle de l’Hôpital de Vaudreuil-Soulanges risque d’attirer de nombreux professionnels qui travaillent déjà chez nous à quitter pour cet établissement neuf.

Que proposez-vous concrètement pour améliorer l’accès aux soins et pour attirer des professionnels de la santé à venir travailler dans la région de Châteauguay ?

Marie-Belle Gendron – Coalition avenir Québec

L’accès à la première ligne est une priorité pour notre parti. On a décidé de s’attaquer directement au manque de médecins de famille en augmentant de 40% le nombre d’étudiants en médecine, et nous avons annoncé la création de facultés de médecine familiale en collaboration avec le réseau des universités du Québec.

On a élargi le rôle des pharmaciens, celui des IPS (infirmières praticiennes spécialisées) et le champ de pratique des infirmières en général. Toutes ces mesures visent à s’attaquer concrètement au manque de main-d’œuvre en santé, autant dans Châteauguay qu’ailleurs. 

La planification de l’ouverture de l’Hôpital de Vaudreuil-Soulanges se fait avec prudence et rigueur. On sait que les besoins sont croissants en Montérégie-Ouest, mais on ne doit pas déstabiliser les autres hôpitaux, dont le Suroît et Anna-Laberge. C’est pourquoi Santé Québec a mis en place des mesures pour limiter les impacts sur ces établissements.

L’objectif n’est pas de vider un hôpital pour en remplir un autre, mais bien d’augmenter la capacité globale de soins dans la région. Le recrutement pour le nouvel hôpital ne se fait pas au détriment du personnel en place, car une majorité des postes seront comblés par du nouveau personnel, et non par des transferts. Plusieurs démarches sont en cours auprès des universités et à l’international. L’agrandissement du GMF-U de Vaudreuil permettra aussi de former plus de médecins directement sur place. 

Félix Rhéaume – Parti libéral du Québec

Notre première mesure pour améliorer rapidement l’accès aux soins sera la création d’une plateforme de TéléSanté publique et gratuite. Elle permettra de consulter un professionnel de la santé et, lorsque requis, d’obtenir une prescription sans même devoir sortir de chez soi.

Je tiens également à saluer l’initiative locale visant à mettre en place une salle d’attente virtuelle à l’urgence de l’Hôpital Anna-Laberge. Ce type d’innovation, qui permettrait aux patients de suivre leur attente sans demeurer pendant des heures dans la salle d’urgence, va dans la bonne direction et mérite d’être soutenu.

Le Parti libéral du Québec investira également 200 M$ supplémentaires dans la première ligne et fera des CLSC de véritables points d’ancrage dans nos communautés.

L’ouverture de l’Hôpital de Vaudreuil-Soulanges représente par ailleurs un défi important. Son recrutement de personnel ne devra pas se faire au détriment de l’Hôpital Anna-Laberge, sinon nous ne ferons que déplacer le problème d’une région à l’autre. Nous devons plutôt attirer de nouveaux professionnels et réduire leur fardeau administratif pour qu’ils puissent se concentrer sur le traitement des patients.

Notre objectif est clair : améliorer l’accès aux soins tout en renforçant les équipes d’Anna-Laberge et de notre réseau local.

Marianne Pharand-Roy – Québec solidaire

L’ouverture de l’hôpital de Vaudreuil-Soulanges sera retardée par l’incapacité de trouver du personnel de soutien. Se loger et se déplacer pour travailler dans cette région sera difficile. Il n’y a aucun logement abordable et peu de transport en commun.

Le gouvernement de la CAQ a préféré gaspiller l’immense terrain autour pour étaler le stationnement et éviter la construction d’un stationnement étagé. Un espace qui aurait pu permettre la construction de logements hors marché pour le personnel de soutien.

Il n’y a que trois options de transport pour le personnel de cet hôpital, une payante et deux constamment congestionnées. La situation sera difficile pour tous les hôpitaux et nous allons augmenter le seuil d’immigration permanente pour assurer les services de soins.

Québec solidaire donnerait une pause de réforme de structure aux travailleuses. Nous proposons de remettre les CLSC au cœur du réseau avec l’ajout de 400 points de service, ce qui pourrait permettre à Saint-Isidore ou Mercier d’avoir des soins à proximité.

Nous allons prioriser la saine gouvernance et la recherche de solutions sur le terrain avec la population et les travailleuses pour améliorer l’accès.

Nous sommes le seul parti politique qui ne réduira pas le budget du réseau de la santé, alors que tous les autres partis politiques s’engagent vers l’austérité pour éviter des augmentations d’impôts aux multimillionnaires et leur donner des parties du réseau de la santé.

Hanna Wolker – Parti canadien du Québec

Les gens en ont assez d’entendre parler de réformes du système de santé alors que leurs besoins réels sont simples : lorsqu’ils sont malades, ils doivent pouvoir consulter un professionnel de la santé.

Le Parti canadien du Québec augmenterait le nombre de travailleurs de la santé en accélérant la reconnaissance des professionnels qualifiés formés à l’extérieur du Québec, en élargissant la pratique supervisée et la capacité de formation, tout en maintenant les normes professionnelles et de sécurité des patients.

Nous élargirions également les équipes interdisciplinaires de soins primaires, réunissant médecins de famille, infirmières praticiennes, infirmières, pharmaciens et autres professionnels afin que les patients puissent voir le bon intervenant plus rapidement, plutôt que d’attendre inutilement un médecin.

Le nouvel hôpital de Vaudreuil‑Soulanges est une bonne nouvelle, mais on ne peut pas résoudre une pénurie dans une région en en créant une autre à Châteauguay. Nous devons retenir et attirer des professionnels ici grâce à une rémunération compétitive, de meilleures conditions de travail, moins de bureaucratie, une plus grande autonomie professionnelle et des installations locales adéquatement dotées en personnel et en équipement.

Je travaillerais également avec les établissements de santé locaux pour identifier les vulnérabilités en matière de personnel avant l’ouverture du nouvel hôpital et élaborer une stratégie régionale de rétention.

Yannick Trudeau – Parti Québécois

On ne réglera pas le problème d’accès aux soins simplement en construisant de nouvelles infrastructures si nous n’avons pas suffisamment de professionnels pour y travailler.

L’arrivée du futur Hôpital de Vaudreuil-Soulanges est une bonne nouvelle pour la Montérégie-Ouest, mais elle ne doit pas se faire au détriment de l’Hôpital Anna-Laberge, de nos CLSC et des services déjà offerts dans la région. Déplacer les mêmes professionnels d’un établissement à l’autre ne créera pas davantage d’accès aux soins.

Le Parti Québécois propose d’offrir des services de santé de proximité par l’entremise des CLSC, une véritable porte d’entrée du réseau, en donnant davantage de place aux infirmières praticiennes spécialisées et aux autres professionnels de la santé, et en augmentant le nombre de médecins formés au Québec.

À Châteauguay, il faut aussi une véritable stratégie régionale de recrutement et de rétention : davantage de stages, de formation en région et un projet structurant de transport en commun permettant d’élargir le recrutement et de faciliter la mobilité du personnel.  Notre objectif doit être simple : offrir davantage de soins de proximité et éviter que l’urgence devienne la porte d’entrée par défaut du réseau.

NDLR. La question a été envoyée aux sept candidats de la circonscription de Châteauguay. Voici les réponses reçues au moment de publier.