À la suite des remboursements versés par les gouvernements du Canada et du Québec l’an dernier pour les coûts engagés dans le nettoyage d’un déversement de carburant survenu en 2024 et présumé provenir de Châteauguay, le Conseil mohawk de Kahnawake (MCK) a officiellement retiré sa poursuite contre la Ville.

Marcus Bankuti, journaliste à The Eastern Door – Initiative de journalisme local

À la suite d’une enquête menée par le Bureau de protection de l’environnement de Kahnawake (KEPO), le diesel découvert dans un fossé et un ruisseau près d’une résidence sur le chemin Zachary a été attribué par le MCK à un camion-citerne qui fuyait, situé à seulement 250 mètres de Kahnawake. Ce déversement, survenu au 2325, boulevard Ford, à Châteauguay, a été découvert par la Ville le 1er février, mais Kahnawake n’en a pas été informée.

Ce n’est qu’après le 9 février, lorsque des membres de la communauté de Kahnawake ont identifié la présence de carburant, que le MCK a appris l’incident survenu à Châteauguay, ce qui a suscité la colère au sein de la communauté, laissée dans l’ignorance.

Bien que cela mette fin à cette saga sur le plan juridique communautaire, le grand chef du MCK, Cody Diabo, affirme que Kahnawake a tiré des leçons de la situation.

« Nous savons comment y faire face plus efficacement, je dirais, ou plus rapidement, mais cela met toujours en lumière l’aspect global de tout ce qui se passe avec les secteurs industriels qui nous entourent », a déclaré M. Diabo, soulignant de nouvelles préoccupations concernant Terrapure à Sainte-Catherine, accusée par Environnement Canada d’avoir prétendument déversé de l’eau toxique dans la Voie maritime du Saint-Laurent en violation de la Loi sur les pêches.

« Cela soulève une question plus large concernant les activités industrielles qui nous entourent », a ajouté Cody Diabo, qualifiant l’enjeu de priorité politique.

Selon le MCK, une indemnité de 478 000 $ pour le nettoyage a été versée par le fédéral, tandis que le provincial a payé 100 000 $ à titre de compensation partielle, pour un total de 600 000 $.

La poursuite contre Châteauguay, intentée en 2024, réclamait 500 000 $ en remboursement.

Cela ne signifie pas que le nettoyage n’a rien coûté à Kahnawake : certains frais, comme les heures de travail des employés, n’ont pas été compensés, selon le grand chef Diabo.

Malgré le versement provincial, accordé par le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, une porte-parole du ministère de l’Environnement du Québec a déclaré à The Eastern Door que la province continue de contester la conclusion selon laquelle le carburant retrouvé dans le ruisseau de Kahnawake provenait du déversement du 1er février à Châteauguay.

« Le ministère maintient son analyse initiale de la situation », a affirmé la porte-parole, Ghizlane Behdaoui. « Les deux sources de contamination sont distinctes : l’une au 2325, boulevard Ford, à Châteauguay, et l’autre à la résidence située sur le chemin Zachary, sur le territoire de Kahnawake. »

Entre-temps, M. Diabo a indiqué que la situation évolue favorablement à Kahnawake depuis le déversement, le KEPO assurant la surveillance du ruisseau. « Selon l’évaluation du KEPO, il y a déjà eu une régénération de la zone », a-t-il déclaré, ajoutant que le diesel se décompose relativement rapidement.

Il a également mentionné qu’il avait été difficile de poursuivre l’entreprise responsable du déversement du 1er février 2024 à Châteauguay, La Pétrolière N&R Sol Inc., qui, avec le propriétaire du terrain, avait été ajoutée à la poursuite contre la Ville. Cette difficulté découle du fait que le propriétaire de l’entreprise, Michel Boisvert, est décédé.

La Ville de Châteauguay et Environnement Canada n’avaient pas fourni de commentaires avant la date limite de publication.

(Texte publié originalement en anglais. Traduit en français par Gravité)