Il y a du trafic à Châteauguay et pas seulement dans les rues. Dans le stationnement où est situé le magasin Bureau en gros, le Journal a constaté qu’un grand nombre d’automobilistes qui y circulent ne vont pas magasiner, mais contournent le boulevard D’Anjou. Une situation qui préoccupe des commerçants du secteur.
C’est un secret de polichinelle qu’il est possible de franchir les 650 mètres qui séparent le magasin Aubainerie, près de l’avenue de la Verdure, et la pharmacie Pharmaprix, près du boulevard Saint-Joseph, sans jamais rouler sur le boulevard D’Anjou.
Pour ce faire, il suffit d’emprunter les stationnements des huit commerces qui s’y trouvent. Si l’objectif est d’éviter le trafic, cela constitue une infraction au Code la sécurité routière qui interdit «de circuler sur une propriété privée pour éviter de se conformer à une signalisation».
Une voie de contournement
Le journal Le Soleil de Châteauguay est allé constater la situation sur les lieux, le lundi 7 mai, vers 16 h, en face du magasin Bureau en gros. En une demi-heure, sur les 55 véhicules qui sont entrés dans le stationnement via le boulevard Saint-Joseph, 35 ont poursuivi leur chemin vers le stationnement du magasin Canadian Tire, sans s’arrêter pour visiter un commerce. Cela représente 63 % des voitures calculées. Le test non scientifique a été fait dans une seule direction, le calcul étant impossible à faire dans les deux sens avec les deux seuls yeux de l’auteure de ses lignes.

Enjeu de sécurité
Selon le directeur général du Bureau en gros de Châteauguay, Yves Taillon, son stationnement est une véritable «voie de service» du boulevard D’Anjou. «Je dirais que 70 % des automobilistes qui roulent devant notre commerce passent tout droit (et ne viennent pas au commerce), indique-t-il. Le problème c’est que les voitures passent juste devant la porte du magasin.»
Il craint pour la sécurité des clients qui entrent et sortent de son établissement. «Depuis la construction du (complexe pour retraités) Vice-Versa, nous avons énormément de personnes âgées qui viennent chez nous pour avoir du support technique et informatique», fait-il valoir.
Pour M. Taillon, qui est directeur à Châteauguay depuis 17 ans, le flot de circulation devant l’entrée de son magasin est un problème «criant» qui s’est accentué avec les années avec l’augmentation de la population dans la région. «C’est encore pire quand le boulevard est fermé par exemple pour la parade de la Saint-Patrick ou en raison d’un accident», souligne-t-il.
Le pied trop pesant
Jean Parisien, propriétaire du commerce voisin, le Canadian Tire, dresse un portrait semblable. Le fait que des automobilistes contournent le boulevard via son stationnement ne l’importune pas trop. «Le problème, c’est la vitesse. Les gens roulent trop vite. Moi j’ai des personnes âgées qui viennent au magasin. Aussi des papas et des mamans qui viennent avec leur enfant tout excité à l’idée d’acheter leur vélo. Un accident est si vite arrivé», illustre-t-il.
M.Parisien a fait ajouter des panneaux d’arrêt et d’autres indiquant une limite de vitesse de 10 km/h dans son stationnement dans l’espoir de ralentir le trafic. Malgré ces mesures, il constate régulièrement des voitures qui roulent trop vite. Des accidents, pas nécessairement graves, surviennent plusieurs fois par année. «Ce que je demande aux gens, c’est : pensez que vous êtes dans un stationnement. Des fois tu n’as pas l’impression de rouler vite, mais 40, 50 km/h c’est trop», observe-t-il.
Les deux commerçants n’ont pas envie de faire de la «répression» auprès des automobilistes qui roulent chez eux, mais espèrent les sensibiliser à ce problème. M.Taillon croit que les projets de développement au Centre régional situé juste à côté accroitront l’achalandage dans le secteur.
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