La digue aménagée en 2013 pour protéger de l’érosion l’île à Tambault dans le lac Saint-Louis paraît efficace, selon un rapport de suivi biologique effectué par le ministère des Transports.
Après une première étude en 2014, un suivi a été effectué au printemps et à l’automne 2015. «Aucun signe d’érosion active n’a été dénoté sur les berges», indique le rapport transmis au journal par la Société d’aménagement du parc des Îles-de-la-Paix, dont les bénévoles déploient des efforts et orchestrent des travaux depuis 1991 pour protéger l’archipel en question.
Importante pour la reproduction et l’alimentation des petits poissons, «la végétation est bien implantée derrière la digue et les espèces y sont variées», informe l’étude. Un total de 26 espèces de poissons y ont été capturées. Les effets de la digue sur cette faune seront mieux connus en comparant les résultats de 2015 aux prochains suivis en 2017, précise le rapport. Le ministère des Transports ayant contribué à financer la création de la digue, il doit démontrer que les travaux répondent à l’objectif de création de 20 000 m2 d’habitat du poisson pour compenser des pertes occasionnées par divers travaux routiers.
En mars 2015, la Société d’aménagement du parc des Îles-de-la-Paix se réjouissait de constater que l’ensemble des travaux réalisés portaient fruit à la lueur d’images de Google Earth captées en 2014.
«Les plus récentes images de Google Earth montrent bien qu’elles arrêtent les vagues», indiquait alors au journal Richard Boursier, président de la Société d’aménagement du Parc des Îles-de-la-Paix.
Il avait aussi constaté des effets bénéfiques pour le poisson. «Il y a huit fois plus de petits menés derrière nos digues», faisait-il valoir M. Boursier. Cette donnée provenait d’une étude de 2009 du ministère de la Faune. Et elle a aidé grandement le trio de bénévoles à la tête de l’organisme, M. Boursier, Nicolas Bellemare et Fernand Croisetière, à poursuivre sa mission. «Les gouvernements et les sociétés disent wow, ce qui se fait là fonctionne !»
Grâce à l’A-30 et au pont Champlain
Depuis 2001, la Société des Îles-de-la-Paix a réussi à faire exécuter des travaux représentant un investissement de 4M $. Ce, principalement grâce à la loi sur l’environnement qui exige de recréer les habitats fauniques perdus en raison des chantiers. «Si des travaux perturbent 1000 mètres carrés, l’entreprise responsable doit faire en sorte de restaurer 1000 mètres carrés», informe M. Boursier.
Au fil des ans, NA30 et la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain ont, entre autres, subventionné des travaux aux îles de la Paix pour s’acquitter de leur obligation.
Tâche herculéenne
Les aménagements réalisés depuis 2001 grâce au groupe présidé par M. Boursier représentent un tour de force. «Aller porter des pierres à un kilomètre de la rive, c’est assez complexe. On a effectué le transport par barges à partir du quai Saint-Pierre. Une demi-heure aller, une demi-heure revenir. C’est à peu près la seule façon», expose-t-il.
Et ce chantier ne représente qu’une partie du travail. «Lors des travaux, notre société fait approuver les plans, obtient les permis requis, effectue un appel d’offres, accorde le contrat au plus bas soumissionnaire conforme, assure le suivi des travaux par une firme d’ingénierie, obtient un rapport de conformité à la fin de ceux-ci, émet un rapport de fin des travaux aux ministères et aux partenaires financiers et assure un suivi de la stabilité et, finalement, émet un rapport durant les cinq années suivantes», énumère le président.
Ne pas nuire aux plaisanciers
D’ici 2020, ses protecteurs veulent expérimenter de nouveaux dispositifs pour protéger les berges de l’archipel près de l’Île aux Plaines au voisinage très fréquenté par les plaisanciers. «En juillet, on peut voir 50 à 75 bateaux amarrés dans le secteur. On ne peut pas arriver avec des grosses digues de pierre», dit Richard Boursier. La création d’enclos pour le sable avec des pieux de cèdre fait partie des solutions envisagées.
De 190 hectares à 40
Déclin de la surface des Îles-de-la-Paix à partir de 1958. L’augmentation du niveau du lac pour permettre le passage de navire de plus fort tonnage dans la Voie maritime du Saint-Laurent a accru l’érosion.
100 000 mètres carrés
Superficie favorable au poisson recrée avec des digues bâties avec la contribution de NA30 en guise de compensation pour la construction de l’autoroute 30.
Autorisations requises de :
– Environnement Canada, propriétaire des îles de la Paix
-Ville de Beauharnois ou Ville de Léry selon l’emplacement des travaux
– MRC
– MDDEFP Développement durable, environnement et lutte contre les changements climatiques. Québec
– MRN Énergie et ressources naturelles Québec
-Pêches et Océans Canada – Division du Transport maritime
-Pêches et Océans Canada – Division du poisson
