Le Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP) 3247 dénonce la décision de Santé Québec Montérégie-Ouest (SQMO) d’abolir le titre d’emploi de préposé à l’unité (PAU).
On dénombrerait une centaine de PAU dans les Maisons des aînés ou les Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en Montérégie-Ouest. Ces employés effectuent des travaux légers d’entretien, de lingerie et de soutien à l’hôtellerie dans une unité de vie du réseau de la santé.
«Les besoins sont là et criants, laisse entendre un employé qui a appris la nouvelle de l’abolition de son poste lundi. Il manque de bras. Les préposés aux bénéficiaires s’inquiètent pour l’avenir des Maisons des aînés et des CHLSD parce que nous sommes leur bras droit.»
Dans son cas, en plus des tâches mentionnées plus haut, il dit avoir à surveiller un usager atteint du pica.
Selon ce qu’il a entendu, l’employeur doit couper 10 000 heures de travail par période de deux semaines. La rigueur budgétaire est aussi véhiculée comme motif par la partie syndicale.
«Une fois de plus, ce sont les travailleurs les moins rémunérés du réseau qui écopent pour éponger les déficits administratifs, a rédigé Nancy Quenneville, présidente du SCFP 3247, dans un communiqué. Couper dans les postes de PAU, c’est attaquer directement nos membres et les patients les plus vulnérables.»
Le syndicat ne partage pas l’avis de la direction sur le fait que les soins ne seront pas affectés. Le SCFP 3247 laisse planer la possibilité d’une diminution de la qualité de vie et de l’attention portée aux résidents et usagers de même qu’une surcharge de travail pour les préposés aux bénéficiaires.
Fâché
Le PAU à qui Gravité Info a pu s’entretenir se dit fâché et stressé de la situation. «On ne sait pas ce qui va se passer, a-t-il dit. Tout le monde est stressé. Depuis lundi, je ne suis plus moi-même. Certains de mes collègues sont pères de famille. Ce ne sont pas tous les employés qui pourront être réaffectés. Un changement pourrait aussi signifier d’avoir à se déplacer ce qui n’est pas possible pour tous.»
Selon ce qu’il a appris, ses collègues et lui pourraient être déplacés vers d’autres types d’emploi, que ce soit à la buanderie, à la cuisine ou bien à l’entretien ménager une fois l’évaluation de SQMO terminée le 28 novembre.
L’organisation du travail revue
Chez SQMO, on défend la décision en précisant qu’elle ne se fait pas que dans l’organisation, mais à la grandeur du Québec.
«Une démarche est actuellement en cours afin de revoir l’organisation du travail avec l’ensemble des parties prenantes au sein de notre organisation et de retirer progressivement le titre d’emploi de préposé à l’unité (PAU), mis en place dans le contexte exceptionnel de la pandémie et retiré en hébergement dans l’ensemble des établissements du Québec», a laissé savoir Anick Drouin, conseillère cadre affaires publiques, relations médias et ministérielles à SQMO.

