Les représentations sur sentence se déroulaient le 10 février pour Michael Kane, qui a plaidé coupable à un chef de contact sexuel sur une personne de moins de 14 ans. Si la Couronne propose 15 mois et une inscription au registre des délinquants sexuels pour le résident de Châteauguay, la défense suggère 90 jours discontinus et des travaux communautaires.
Les gestes reprochés ont été commis en 2009 au moment où Kane était dans le mouvement scout et employé dans un collège privé pour garçons.
La victime avait alors entre 9 et 10 ans lorsque le contact a eu lieu dans la résidence de l’accusé.
La dénonciation a été faite en 2022 par le jeune qui, depuis, s’est enlevé la vie.
Reconnu coupable en 2009
Michael Kane a purgé deux ans de prison pour des faits similaires aussi survenus en 2009. Quatre victimes avaient alors dénoncé ses agissements.
Tous avec le même modus operandi au moment où il se trouvait en abus de confiance et d’autorité, a présenté Me Mylène Brown pour le ministère public.
Le Châteauguois a depuis entrepris une thérapie, qu’il maintient toujours d’ailleurs, a soutenu l’avocat de la défense, Me Jacques Vinet.
Une avalanche
Les parents du plus récent plaignant ont laissé savoir que leur fils avait vécu toute sa vie avec des «démons» qui ne lui appartenaient pas.
«Cette tempête, il ne la vivait pas seul; nous la vivions tous, a lu la mère en salle de cour lors d’une audience précédente. Nos autres enfants ont aussi souffert. Ils ont vu leur grand frère s’éteindre, petit à petit. On leur a arraché à eux aussi.»
Les parents ont parlé de l’agression comme une avalanche qui a déferlé sur la famille, dans plusieurs sphères de leur vie.
Une déviance
Selon Me Brown, le coupable aurait pu aller chercher de l’aide entre 14 et 39 ans puisqu’il présentait, a-t-elle dit, une grande déviance qui se manifestait par la prise de contrôle.
«On apprend dans le rapport pré sentenciel, que monsieur, depuis sa jeune adolescence, à une déviance, une attirance pour les jeunes garçons entre 9 et 12 ans, a-t-elle affirmé. Il a fait de premières victimes, qui n’ont pas été judiciarisées dans son enfance, dans son adolescence. C’est une fois à 41 ans, en 2009, lorsqu’il a été sentencé, lorsqu’il a été attrapé, qu’il a entrepris une démarche thérapeutique.»
Ce qui l’incite à avoir un bémol vis-à-vis la thérapie.
L’avocate de la Couronne s’est questionnée à savoir pourquoi Michael Kane, qui a plaidé coupable pour quatre victimes en 2009, n’a pas choisi de parler de la victime qui l’a dénoncé 13 ans plus tard.
«Il a fait tellement de victimes avec le même modus operandi qu’il ne se souvient pas de celle qui dénonce», a lâché Me Brown.
Pour elle, chaque victime est distincte. Au juge Bertrand St-Arnaud qui a exprimé qu’il devrait tenir compte du portrait global, elle l’a invité à : «enlever ses œillères, prendre un pas de recul et ouvrir ses horizons.»
Efforts de réhabilitation
En défense, Me Jacques Vinet a expliqué que son client avait présenté des remords et des regrets et savait pertinemment que sa victime avait été affectée et perturbée.
Le rapport du sexologue, qui s’appuie sur la science, témoigne aussi du faible risque de récidive, jugé très faible. Notamment parce que 17 ans sont passés depuis les faits dénoncés.
M. Kane poursuit sa thérapie avec un spécialiste; plus de 100 rencontres ont eu lieu depuis sa sortie de prison.
«On ne peut pas mettre la thérapie de côté, a argumenté Me Vinet. Il aura toujours son problème et il ne devra pas se mettre dans une situation à risque.»
Le juge Bertrand St-Arnaud va rendre sa décision le 20 mai.
