C’est un retour à l’heure normale des repas pour la communauté musulmane de Châteauguay, qui célébrait la fin du ramadan le 6 juillet.
L’Aïd el-Fitr souligne la fin du jeûne de 30 jours observé par les musulmans chaque année. «Il s’agit de l’une de nos plus grandes fêtes», informe Souleyman Jules, un résident de Châteauguay venu célébrer avec sa famille à la mosquée du boulevard D’Anjou.
Dès 8h30, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées là pour la prière. Elles ont ensuite partagé un copieux repas. «Non, ça n’a pas été long à préparer. Chacun a amené quelque chose», fait savoir une femme autour de laquelle couraient de jeunes enfants vêtus de leurs plus beaux habits. «Ça fait partie du rituel, nous revêtons des habits traditionnels, poursuit Souleyman Jules. Nous célébrons dans la joie avec toutes les familles. Nous voulons que cette journée reste gravée dans la mémoire de nos enfants et qu’ils s’en souviennent comme d’une fête joyeuse ou tous oublient leur rancune et leurs soucis».
Comme à Noël
La plupart des musulmans ont pris congé afin profiter de cette journée spéciale, qui peut se comparer, en termes d’importance, au Noël des catholiques. «On en profite pour créer de nouveaux liens, autant avec des gens de la communauté musulmane qu’avec les autres», explique Mohamed Kawkab, responsable à la mosquée du boulevard D’Anjou.
Par exemple, après la cérémonie, les deux imams de la mosquée, accompagnés de quelques personnes, sont allés offrir des biscuits aux commerçants voisins.
«Vous êtes combien ici?», demande l’un des imams au propriétaire de Pièces d’autos Châteauguay. «Nous sommes 2000», a répondu à la blague le propriétaire, qui tentait d’obtenir un peu plus de ces délicieux biscuits pour ses employés.
«Les gens sont toujours contents quand on vient leur parler et leur expliquer un peu comment se passe notre fête», commente M. Kawkab.
La communauté musulmane de Châteauguay est composée de diverses origines. Des représentants d’Afrique, d’Algérie, du Maroc, de l’Asie, du Pakistan, d’Afghanistan et d’Amérique latine étaient tous réunis pour célébrer la fin de leur jeûne. Sans oublier quelques Québécois convertis à l’Islam.
Un jeûne difficile
Pendant leur jeûne de 30 jours, les musulmans ne peuvent manger qu’après le coucher du soleil. «Cette année, les dix derniers jours ont été particulièrement difficiles à cause de la chaleur», témoigne M. Kawkab. «Mais dans notre façon de voir, plus c’est difficile et plus on en tire de grands bienfaits», précise l’imam Taha Azemmat.
