La Ville de Mercier, qui fait partie des villes qui participeront à la biométhanisation, questionne la technologie choisie pour BioM et elle craint qu’elle occasionne des déficits, qui seront assumés par les villes.
La mairesse de Mercier Lise Michaud est allée visiter l’usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe, première mise en service au Québec en 2014 et celle de Rivière-du-Loup qui est présentement en construction. Mme Michaud est revenue emballée de sa visite de Saint-Hyacinthe. «Ils font des profits et ils sont déjà en expansion actuellement. Ils vont pouvoir réinjecter dans des services municipaux beaucoup d’argent parce que la façon dont ils ont monté leur projet, il est rentable», a mentionné la mairesse lors de la séance publique du conseil de ville le 13 octobre. «C’est le seul projet en Amérique du Nord qui est rentable, les autres projets ne sont pas rentables», affirme Mme Michaud.
Saint-Hyacinthe, un exemple unique
Au yeux de Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay et vice-présidente de BioM, Saint-Hyacinthe bénéficie d’une situation unique. Dans cette usine, la majorité des matières méthanisées provient de l’industrie agroalimentaire qui a une forte présence dans cette région. Selon le directeur général de BioM, Pierre Tardif, les résidus agroalimentaires, notamment ceux qui contiennent du gras et du sucre, peuvent produire plus d’énergie. Saint-Hyacinthe traite également ses boues municipales à l’usine, ce qui ne sera pas le cas à Beauharnois puisqu’elles sont déjà traitées ailleurs. L’usine de Beauharnois traitera principalement les résidus organiques qui proviendront de la collecte du bac brun. «Saint-Hyacinthe prévoit des revenus de 6 M$ par année tandis que nous prévoyons des revenus de 2 à 3 M $ par année», précise Mme Simon.
Profits vs revenus
Selon Mme Simon, il faut nuancer la notion de profits et de revenus pour une usine telle que la biométhanisation. Le biogaz vendu permet de générer des revenus, mais pas nécessairement de faire des profits. «S’il y avait un moyen de faire de l’argent avec les matières organiques ça ferait longtemps que le privé se serait lancé là-dedans», croit-elle. La gestion des matières résiduelles coûte cher aux municipalités. «Il y a un prix à générer des déchets», illustre la mairesse de Châteauguay. Il y aura aussi un coût pour recycler les déchets de table. «C’est un choix environnemental qu’on fait. On travaille fort pour que l’impact soit le moins important possible (sur les finances des villes), indique-t-elle. Ce qu’on sait avec la biométhanisation, c’est qu’on aura une stabilité de prix pour 20 ans. On ne sait pas combien coûtera l’enfouissement (des déchets) quand il n’y aura plus de place dans les sites.»
L’usine de Saint-Hyacinthe
Capacité annuelle totale: 224 000 tonnes
Collecte bac brun: 10 200 tonnes
Boues municipales: 73 000 tonnes
Fruits et légumes (provenant épiceries) :20 000 tonnes
Industrie agroalimentaire :120 000 tonnes
Prévisions pour l’usine de Beauharnois
Capacité annuelle totale:34 000 tonnes
Collecte bac brun: 28 000-30 000 tonnes

