Danaé Blais se souvient précisément du moment où elle a réalisé son désir d’aller loin en patinage de vitesse courte piste. En entrevue à l’aréna Maurice-Richard de Montréal, elle se tourne et pointe le coin gauche de la patinoire. «Je regardais l’équipe nationale s’entraîner et je me suis dit : un jour, je veux faire partie de cette équipe-là», lance-t-elle.

La Châteauguoise avait alors 16 ans. L’année d’après, elle intégrait l’équipe nationale. Six ans plus tard, elle participait à ses premiers Jeux olympiques. Et aujourd’hui, en janvier 2026, elle se prépare pour ses deuxièmes Jeux, forte d’une expérience bien utile.

Mais aussi, de résultats révélateurs.

Car si à 16 ans elle avait le désir d’intégrer l’équipe, pour croire en ses chances de rivaliser avec l’élite mondiale, il a fallu qu’elle se surprenne elle-même. Lors de la Coupe du monde 2024-2025, la patineuse a notamment remporté deux médailles individuelles, une d’or et une d’argent, à l’épreuve du 1000 m.

«Je ne m’attendais vraiment pas à ça! Je pense que je ne savais même pas que j’étais capable de faire des choses comme ça. Je regardais les courses après et c’était comme si je regardais quelqu’un d’autre. Et ça m’a beaucoup aidé», affirme-t-elle.

Ainsi, si la saison 2025-2026 est plus difficile, elle sait néanmoins ce qu’elle peut accomplir.

«Si je suis capable de le faire une fois, une deuxième fois, c’est que quelque part, ça doit être en moi et je peux y croire», soutient Danaé Blais, qui a également plusieurs médailles à son palmarès aux épreuves de relais.

Prendre le temps de célébrer

N’empêche, lorsqu’on lui demande ce qui la rendrait fière à l’issue des Jeux, Danaé Blais évoque surtout son plaisir à patiner.

«Parfois, comme athlète, on cherche tellement toujours à aller plus haut qu’on oublie de profiter de ces moments-là. Même avec les filles, on en parlait. C’est pas mal tous nos 2e ou 3e Jeux et on n’a comme pas réalisé l’ampleur, pas pris le temps de célébrer, de réaliser où on est rendues. Donc, j’aimerais quand même ne pas oublier de profiter de ça et pas juste être concentrée sur les résultats, vu que mon niveau a augmenté dans les dernières années», analyse-t-elle.

D’autant plus que le patinage de vitesse courte piste est un sport hautement imprévisible.

«Personnellement, mais aussi avec l’équipe et les filles, on est très dans le processus. Peu importe si on est premières ou dernières, si dans le processus, on a fait tout ce qu’on avait à faire, bien on peut trouver de la fierté là-dedans. Je trouve que ça nous aide beaucoup mentalement», souligne celle qui est également étudiante en psychologie.

L’athlète aux patins pas pareils

Il est facile de repérer Danaé Blais sur une patinoire, même lorsqu’elle est entourée de ses coéquipières de l’équipe canadienne. Son signe distinctif? Ses patins de couleurs différentes. Un rose, un turquoise. Une histoire familiale chez les Blais.

«Mon grand frère Cédrik faisait aussi du patin de vitesse avec moi. Je ne sais pas pourquoi, mais on s’est dit : on aura deux couleurs pour nos patins. Lui avait la même chose, mais inversé, comme si on avait échangé de patins! Puis il a toujours été un modèle dans ma carrière et je l’aime beaucoup. Alors même s’il ne patine plus et que j’ai souvent refait mes patins, je suis attaché à ça et j’ai gardé l’habitude!» raconte Danaé Blais.

Centaines de notifications

À quelques semaines des premières épreuves en patinage de vitesse courte piste, l’athlète de 26 ans admet être un peu plus stressée que pour ses premiers Jeux, ne serait-ce que par les attentes un peu plus élevées.

D’avoir déjà eu l’expérience lui sera toutefois fort utile.

«Les Jeux, on rend ça vraiment gros, les gens aiment ça, c’est très médiatisé. Mais pour nous, comme athlètes, mis à part tout ce qu’il y a autour, ça reste la même compétition que ceux qu’on fait six fois par année. Donc je sais que ça va juste être une gestion des distractions», mentionne la patineuse.

«De l’avoir vécu, je sais à quoi m’attendre. Il y a des trucs qu’on ne pense pas nécessairement. Juste le téléphone, de recevoir des centaines de notifications par jour, ben ça je ne le savais pas et ça reste que c’est une distraction et rendu à ce niveau-là, ce sont tous les détails qui font la différence. Je sais que si c’est trop, je vais demander de l’aide à quelqu’un. Je sens que je suis mieux outillée!» ajoute-t-elle.

Si Danaé Blais admet être un peu plus stressée que pour ses premiers Jeux, elle assure toutefois avoir surtout hâte de vivre l’expérience à nouveau. (Photo : Le Courrier du Sud – Michel Hersir)

Danaé Blais en cinq questions

Qu’est-ce que tu aimes le plus du patinage de vitesse? «Je pense que c’est le plaisir de la vitesse. C’est un sport qui bouge beaucoup, qui a de l’action!»

Préfères-tu être devant ou derrière le peloton? «Devant! Au 1000 m, surtout, je suis réputée pour être devant tout le temps!»

Aimes-tu plus les épreuves individuelles ou d’équipe? «J’adore les deux, mais il n’y a rien qui bat la sensation de gagner en équipe et de se sentir soutenu par le groupe.»

Quelle est ta plus grande passion en dehors du patin? Ça va sembler bizarre, mais la psychologie, c’est une belle passion pour moi!»

Que te vois-tu faire après ta carrière d’athlète? «Être psychologue! Peut-être psychologue sportive ou pour les enfants.»


Quand la regarder

Au moment de rencontrer le Soleil de Châteauguay, Danaé Blais savait seulement qu’elle allait participer à l’épreuve du relais féminin et qu’elle s’attendait à faire au moins une distance individuelle.

L’épreuve du relais féminin se déroulera les 14 (demi-finale) et 18 février (finales).

Les épreuves individuelles féminines sont quant à elle prévues les 10, 12, 14, 16 et 20 février.