Depuis un an, 19 adultes ayant une déficience intellectuelle de modérée à légère, avec ou sans trouble du spectre de l’autisme, vivent dans des logements supervisés à Mercier. Marc-André Dilallo et Simon Vinette se sont adaptés à leur nouveau chez soi. Leurs parents sont en confiance.

Les deux hommes occupent leur quotidien avec leur emploi, les tâches ménagères et du temps libre. Marc-André Dilallo travaille dans un magasin à grande surface, prend ses repas tantôt avec les autres locataires, tantôt en solo, fait des jeux de société avec des amis et consacre une période à ses passe-temps, soit les jeux vidéo et les véhicules téléguidés. «C’est mon 6e moteur, [dans une voiture]», lance-t-il. Marc-André aide aussi bénévolement une résidente de Mercier depuis plusieurs années.

En août 2025, Le Soleil a rencontré le locataire aujourd’hui âgé de 36 ans et ses parents. À ce moment, il considérait «bizarre» de quitter le domicile familial après tant d’années. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Marc-André est passionné des véhicules téléguidés. Il pose avec ses parents. (Photo : Le Soleil – Marie-Josée Bétournay)

De son côté, Simon Vinette se considère «chanceux». L’accessibilité universelle à son logement lui évite de monter et descendre des marches, un obstacle pour lui. Entre la lessive et ses repas, Simon travaille sur le même plateau que Marc-André. Lorsque le temps lui permet, il écoute la télévision et sort sa manette de jeux vidéo.

Simon retournerait-il chez ses parents? «Des fois», répond-il. Son vœu est presque exaucé. Pierrette Laurin et Alain Vinette amènent leur fils au domicile familial pour quelques heures, voire journées. Les parents de Marc-André, Louise Lefebvre et Anthony Dilallo, font de même avec leur garçon.

Lors du passage du Journal dans l’immeuble Chez-nous solidaire en 2025, Simon était absent et ses parents présents. L’homme de 44 ans habite seul depuis le 6 avril.

Une véritable amitié est née entre Marc-André et Simon. Le premier s’amuse à taquiner le second en le surnommant «le tannant». Simon parle de Marc-André comme son meilleur ami. 

Simon aime les jeux vidéo. Il est entouré de ses parents. (Photo : Le Soleil – Marie-Josée Bétournay)

Des familles rassurées

Les deux familles sont rassurées de voir leurs fils profiter d’une plus grande autonomie. À partir de la caméra branchée dans leurs logements, elles peuvent intervenir, discuter avec eux à l’aide de leurs téléphones intelligents.

Louise Lefebvre l’avoue : elle et son conjoint ont éprouvé de la difficulté à décrocher. En plus de visiter son fils régulièrement, la maman accompagne occasionnellement les locataires durant des sorties.

Stressée en 2025, Pierrette Laurin indique que cette émotion est disparue en partie. «Ça dépasse mes attentes. Le personnel est stable. Ça prend une routine pour nos jeunes», dit-elle en soulignant l’apport de l’organisateur communautaire Jean-Denis Lefebvre qui a fait progresser le projet. Son souhait : voir des logements supervisés à l’image de Chez-nous solidaire pousser un peu partout au Québec.

À la fin de l’entrevue, les deux mamans ont demandé à leurs fils : «ç’a bien été, les gars?» «Oui», ont-ils répondu. Puis les paroles d’une chanson populaire se sont fait entendre dans le logement de Simon. «Ouvre tes yeux, Simon.»