Pour le propriétaire du dépanneur IGA Mini à Châteauguay, Michel Coulombe, il ne fait aucun doute que les jeunes «veulent travailler». Avant même l’ouverture de son établissement, il avait reçu 457 CV de gens désirant se trouver un boulot!
Lorsque M. Coulombe et son partenaire d’affaires Gilles Lacasse prévoyaient l’ouverture de leur commerce boulevard D’Anjou à Châteauguay, ils s’étaient fait dire par des commerçants de la Rive-Nord de Montréal qu’ils risquaient d’avoir de la difficulté à combler tous leurs postes. «Quand je leur ai raconté que nous avions reçu 457 CV ils n’en revenaient pas et nous non plus d’ailleurs!» raconte M. Coulombe. De ce nombre, les deux hommes d’affaires en ont sélectionné 77 à rencontrer en entrevue et ils ont finalement embauché 15 personnes depuis leur ouverture en mars 2015.
Miser sur la personnalité et l’expérience
Comment départager autant de candidats potentiels pour occuper des postes à temps partiels ? Divers critères ont motivé le choix des propriétaires. D’abord, l’expérience de travail, le lieu de résidence, mais aussi la personnalité. «On en a deux avec nous qui n’avaient aucune expérience, mais vue leur personnalité en entrevue, on a décidé de les prendre dans notre équipe», explique-t-il.
Cette stratégie d’embauche est partagée par la compagnie McDonald’s dont les trois quarts des employés sont âgés de 15 à 24 ans. «Ça commence vraiment par la personnalité. Le manque d’expérience, on peut s’y adapter grâce à la formation», fait valoir le directeur des communications chez McDonald’s dans l’est du Canada, Jason Patuano. Selon lui, embaucher de jeunes travailleurs a de nombreux avantages pour une entreprise. «Ils sont motivés, ils sont ouverts sur le monde et ils comprennent vraiment vite», énumère-t-il.
Le défi du premier emploi
Pour les jeunes qui sont à la recherche d’un premier emploi et qui n’ont donc pas beaucoup d’expérience de travail dans le baluchon, il est important de miser sur ses qualités et sa personnalité, dit la coordonnatrice au Carrefour Jeunesse-emploi de Châteauguay, Michèle Lazure. «Il faut miser sur ses forces naturelles, souligne-t-elle. Par exemple, si un jeune homme a une bonne endurance, ça peut être bon pour un emploi physique. Il faut se rappeler qu’on apprend des choses autrement qu’en travaillant.»
Audrey Lacombe, qui a eu la chance d’être embauchée au IGA Mini parmi les 457 candidatures, croit que le bénévolat peut aider si on n’a pas beaucoup d’expérience de travail. «Aller faire du bénévolat, prendre de l’expérience en gardiennage ou en tonte de gazon, ça se met bien dans un CV, ça montre que tu veux travailler», croit-elle. Elle est également d’avis que l’image qu’on projette lorsqu’on va porter sa candidature peut influencer l’employeur.
Pour faciliter la recherche d’emploi, Mme Lazure rappelle souvent aux gens qui utilisent les services du Carrefour jeunesse-emploi qu’il est important de ne pas uniquement postuler via Internet. Et il ne faut pas attendre de voir une offre d’emploi pour postuler. Il y a ce qu’on appelle le marché caché (qui n’est affiché nulle part) qui représente 70 % des besoins. Ce qu’on appelle parfois être à la bonne place au bon moment (congé de maternité, de maladie)», indique-t-elle. Le fait de se présenter sur place pour proposer sa candidature peut avoir un impact positif chez l’employeur. «Les jeunes ont moins tendance à oser offrir leurs services, remarque-t-elle. Ils me disent : j’ai l’impression de quémander un emploi. Pourtant, ce n’est pas ça du tout.» Mme Lazure rappelle qu’il faut s’armer de patience pour trouver un emploi et ne pas avoir peur de cogner à plusieurs portes.
Quelques chiffres
13,2 %:Taux de chômage au Canada chez les 15-24 ans. Il est de 6,8 % dans la population en général. (Source : mai 2015)
333 800:Nombre d’étudiants qui ont occupé un emploi pendant l’été 2014, au Québec.
10 conseils pour réussir une entrevue
- Habillez-vous convenablement
- Soyez à l’heure
- Mettez votre personnalité en valeur
- Ayez confiance en vous
- Portez attention à votre langage corporel
- Soyez professionnel
- Écoutez et demandez des précisions au besoin
- N’hésitez pas à dire ce que vous avez à offrir à l’organisation
- Réfléchissez avant de parler
- Ne traînez pas après l’entrevue.
*Source : Gouvernement du Canada
