Le député libéral Marc Miller a profité de la première journée du Mois national de l’histoire autochtone, le 1er juin, pour prononcer un discours en langue mohawk devant ses collègues à la Chambre des communes. Il s’agirait d’une première au parlement d’Ottawa. 

Le député de Ville-Marie–Le-Sud-Ouest–Île-des-Sœurs maîtrise l’anglais et le français. Depuis son élection, il essaie de convaincre ses collègues unilingues à Ottawa d’apprendre une deuxième langue. «Plusieurs me disaient, on va le faire, mais c’est vraiment difficile. C’est un gros parcours émotionnel qui nous fait sortir de notre zone de confort», a raconté Marc Miller sur les ondes de CBC. Il a décidé de sortir lui aussi de sa zone de confort en prenant des cours de langue mohawk. «C’est la langue traditionnelle d’origine du territoire montréalais», fait-il valoir.

Après un an de cours de cette langue qualifiée de très difficile, M. Miller a montré le fruit de son travail devant les élus à Ottawa.  «Je suis fier de me tenir ici et de parler en langue mohawk. Espérons que cela puisse nous aider à devenir de meilleurs amis», a-t-il dit en Kanien’kéha.

Un geste apprécié à Kahnawake

Le conseil de bande de Kahnawake salue le geste du député. «C’est la première fois qu’on entend la langue mohawk au Parlement, souligne le Grand Chef Joseph Tokwiro Norton. Je lève mon chapeau à M. Miller pour avoir fait l’effort. » Il aimerait bien entendre la même chose à l’Assemblée nationale du Québec.

De son côté, la chef du conseil de bande Kahsennenhawe Sky-Deer a été impressionnée par les connaissances de M. Miller de la langue autochtone. «Je l’ai croisé à plusieurs reprises et il lui arrive de m’appeler pour me demander des précisions sur la prononciation de certains mots, explique-t-elle. Il a fait un travail remarquable.» Elle mentionne que ce geste a un impact positif dans sa communauté. «Des gens se sont dit : si un député de Montréal peut apprendre la langue, pourquoi je ne le pourrais pas?» relate la chef de bande.

«Je suis très content d’enfin voir l’entrée de la langue mohawk à la Chambre des communes, commente l’éditeur du journal local The Eastern Door, Steve Bonspiel. C’est un petit pas, mais ça représente beaucoup pour nos communautés.»

À Kahnawake, environ 200 personnes sur 7000 parlent couramment la langue Kanien’kéha. Beaucoup sont qualifiés «débutants». «Les  pensionnats autochtones ont eu un effet dramatique sur notre langue», rappelle-t-elle. Des programmes d’immersion pour les enfants et les adultes sont aujourd’hui offerts à Kahnawake pour permettre aux résidents d’apprendre la langue d’origine de leurs ancêtres.