L’arrondissement de Verdun, à Montréal, veut ramener la nature en ville. Un de ses fonctionnaires a visité, au début du mois de juillet, des sites châteauguois de verdissement en milieu urbain instaurés par Héritage Saint-Bernard pour s’inspirer.

«On s’est dit pourquoi ne pas ramener la nature en ville en ne coupant plus le gazon comme des « greens » de golf. Ça ramènerait les abeilles, les papillons et les oiseaux», lance Martin Thiffeault, chef de la Division voirie et parcs à la Direction des travaux publics de l’arrondissement de Verdun.

L’arrondissement montréalais veut laisser pousser l’herbe longue, dans des lieux ciblés, pour que viennent s’y installer des insectes pollinisateurs. L’automne venu, tout sera rasé pour recommencer le printemps suivant.

 

S’Inspirer de Châteauguay

En 2012, Héritage Saint-Bernard a créé une nouvelle forêt dans un quartier résidentiel dans le secteur du boulevard d’Youville, sur un terrain en friche appartenant à la Fondation de la faune du Québec. Connue sous l’appellation Ma forêt, mon quartier, cette initiative, réalisée avec des jeunes de l’école Notre-Dame-de-l’Assomption, aura permis la plantation de 250 arbres qui ont accru le patrimoine arboricole et végétal en milieu urbain. «Des fois, je rencontre des jeunes qui ont participé au projet et ils m’en parlent encore, raconte Luc L’Écuyer, directeur d’Héritage Saint-Bernard. Ils sont devenus des policiers de leur environnement et ils sont fiers de l’évolution de leur forêt.»  

La biodiversité s’installe dans ces nouvelles forêts, explique M. L’Écuyer. Les papillons et les oiseaux y trouvent refuge, tout comme les lapins et les renards qui s’y établiront au fur et à mesure que les sites prennent de l’expansion.

Il s’agit du deuxième projet du genre sur le territoire. Six ans plus tôt, une forêt était implantée dans un champ en friche dans le parc Joseph-Allard.

M. L’Écuyer déplore la disparition des espaces verts pour le développement de projets domiciliaires, notamment puisque ces espaces verts «rendent plusieurs services aux citoyens et doivent être reconnus comme infrastructures municipales». En effet, explique-t-il, «ils permettent la gestion naturelle des eaux, de créer des îlots de fraîcheur et sont des lieux de détente et d’observation de la nature pour les citoyens».  Il  fait référence à une étude réalisée par la Fondation David Suzuki et Nature-Action Québec, qui estime à 4 G$ la valeur des services écologiques que procurent la Ceinture verte du Grand Montréal.