Châteauguay, Mercier, Saint-Isidore, Beauharnois et Sainte-Martine… ces municipalités et villes ont un point en commun. Le 3 octobre, le maire ou la mairesse a été élu sans opposition. Pourquoi l’absence de candidats? La professeure Danielle Pilette, de l’Université du Québec à Montréal, parle d’un manque de relève et du rétablissement de la démocratie.

Les maires élus par acclamation se trouvent bien souvent à la tête de petites villes de banlieue marquées par le vieillissement de la population. La relève manque. «Si la population est assez favorisée, les gens ont déjà leur carrière, voient la possibilité de la retraite et puis ça ne les intéresse pas d’entreprendre une autre carrière en politique municipale», mentionne la professeure associée du département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale.

Le portrait de la politique municipale se porte mieux depuis la création de la Commission Charbonneau qui a fait la lumière sur les contrats publics dans le domaine de la construction, entre autres. C’était en 2011. «La population n’a pas de raisons d’être mécontente des élus. Ils sont élus sans opposition souvent. C’est bon signe, la démocratie s’est rétablie», convient Mme Pilette.

La professeure considère le municipal comme un palier de proximité, comparativement aux gouvernements provincial et fédéral associés à la «redistribution de la richesse» par le biais de chèques et au tissage d’un filet social via des services de santé, entre autres. Les municipalités offrent des services essentiels, comme l’eau potable et la sécurité publique, acquis de la part des citoyens. Or, la situation pourrait changer. Des municipalités manquent d’eau potable, par exemple.  «Peut-être que ça captera davantage l’attention [une fois qu’elle sera épuisée]», dit-elle.

La question à savoir si le montant de la facture relayée aux contribuables équivaut aux services rendus ne se pose pas pour l’instant, remarque Danielle Pilette. Résultat : le taux de participation aux élections municipales stagne à 30 ou 40 %. «On atteint difficilement 50 %», conclut Mme Pilette.