(Texte de Steve Sauvé) Vous ou un proche êtes pris avec des quintes de toux incontrôlables. Peut-être êtes-vous atteint de la coqueluche. Cette maladie est bien présente dans la région.

Plusieurs cas de coqueluche ont été décelés dans les écoles du territoire depuis la rentrée scolaire. Par contre, Geneviève Rochon, du service des communications à la Commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands, laisse savoir qu’elle ignore le nombre exact d’établissements où au moins un élève a été infecté par la coqueluche depuis septembre.

Considérée comme étant une maladie excessivement contagieuse par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la coqueluche connaît des pointes qui suivent un cycle bien défini.
Selon une statistique disponible à INSPQ, au Québec, plus de 90 % des enfants d’un an et moins ont reçu les trois doses de vaccin de la coqueluche. Cependant, le vaccin est efficace à 85 % et perd de son effet immunisant avec les années.

C’est le cas de Camélia Sauvé 10 ans. La fillette a reçu tous ses vaccins et malgré cela, elle a contracté la coqueluche en septembre dernier lors au moment de la reprise des classes. «Elle toussait, explique sa mère, Guylaine Beaudoin. Nous avons pensé à un rhume, mais la situation ne s’est pas améliorée, loin de là.»

La condition de la gamine s’est détériorée rapidement. Ses parents ont décidé de consulter. «Le premier diagnostic était un virus, fait savoir Mme Beaudoin. Cependant, son état continuait de se détériorer et nous avons consulté de nouveau. Par mesure préventive, la pédiatre a fait un test de dépistage de la coqueluche qui consiste à mettre un coton-tige dans la narine. Quatre jours après, nous avons reçu un appel qui nous a confirmé que notre fille avait la coqueluche. Pourtant, elle a reçu ses vaccins.»

Les quintes de toux ont été nombreuses. «Elle a été retirée de l’école le temps qu’elle était contagieuse et toute la famille a été mise sous médication. Ça fait plus de deux mois et elle a encore des quintes de toux parfois. Le médecin nous a informés que la coqueluche s’appelle aussi la toux des 100 jours. Ça peut persister pendant plus de trois mois. Ce qui est spécial c’est qu’entre chaque quinte, il n’y a aucun autre symptôme.»

«Ma fille dormait dans une chaise longue installée dans le salon afin que nous puissions la surveiller. Elle toussait tellement qu’elle vomissait. Sur une période de huit heures, elle en toussait facilement trois.»- Guylaine Beaudoin

L’enfant de Salaberry-de-Valleyfield fait partie des 951 cas de coqueluche répertoriés par INSPQ en date du vendredi 10 novembre pour l’année 2017. Nicholas Brousseau, médecin-conseil à INSPQ indique qu’il n’y a pas d’épidémie de coqueluche en sol québécois. «C’est une maladie qui a un cycle de quatre ans. À pareille date l’an dernier, nous avions 1300 cas de répertoriés au Québec. L’automne est la période propice pour contracter la coqueluche.»

Le moyen le plus efficace pour se protéger de cette maladie est la vaccination. «Si tout le monde était vacciné, il y aurait moins de cas, affirme Dr Brousseau. Cependant, on ne pourrait pas complètement éliminer la coqueluche puisque même les gens vaccinés peuvent l’attraper. Mais, ils courent beaucoup moins de risque de développer des complications si elles attrapent la maladie. Un enfant de moins d’un an qui attrape la coqueluche peut-être à risque de mort. Comme le vaccin perd de son efficacité avec les années, il faut convaincre plus d’adultes de se faire revacciner. Cela pourrait être une voie pour réduire le nombre de cas», conclut le médecin-conseil.

La coqueluche au Québec

Du 1er janvier 2016 au 10 novembre 2016 : 1300 cas déclarés

Du 1er janvier 2017 au 10 novembre 2017, 950 cas déclarés

Lors du diagnostic, il est conseillé d’isoler la personne infectée le temps que l’antibiotique cesse la contagion.

La coqueluche est une maladie à déclaration obligatoire. L’Institut de santé publique du Québec est donc avisé lorsqu’un cas est répertorié.

Symptômes : Quintes de toux sévères qui vont jusqu’au bout du souffle de la personne atteinte. Lors des quintes de toux, la personne infectée peut avoir des vomissements.

Durée moyenne : 6 à 10 semaines. Peut atteindre plus de 3 mois.

Écrit en collaboration avec Mario Pitre