Une nouvelle murale autochtone orne un mur de la cafétéria du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Châteauguay. Ce projet réalisé par l’artiste et art-thérapeute de Kahnawake Megan Kanerahtenha:wi Whyte avec des résidents du CHSLD vise à créer des liens entre les deux communautés et à proposer un milieu de vie inclusif.
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) et les autorités de santé à Kahnawake ont collaboré à ce projet.
«C’est un rappel que chaque personne qui est chez nous a sa propre identité et qu’il faut respecter cet ancrage culturel-là. Parce que ça fait une différence dans la façon dont on donne les soins et une façon dont la personne va les recevoir», a expliqué le président-directeur général du CISSSMO Dominique Pilon lors de l’inauguration.
Derek Montour, président du Centre de l’agence de santé de Kahnawake, a rappelé que les membres de la communauté autochtone sont souvent craintifs de recevoir des soins à l’extérieur de Kahnawake, notamment à cause des enjeux de langue et des différences culturelles. «On confie notre santé à vos médecins, vos infirmières et votre personnel soignant alors qu’on est très vulnérables. Parfois on a peur qu’on ne soit pas traité de la même façon», a-t-il expliqué. Selon lui, l’art peut aider à créer des ponts et peut aider à apprendre sur l’autre, quand la langue est une barrière.
Apprendre de l’autre
C’est d’ailleurs ce qu’a pu constater l’artiste Megan Kanerahtenha:wi Whyte pendant la réalisation de l’œuvre. «Même si parfois la langue était une barrière, on peut connecter par la création. C’est ce qui était beau», a-t-elle souligné.
Le concept de la murale a été créé avec les participants au projet. L’artiste les a questionnés sur ce qu’ils aimeraient voir dans la murale, sur ce qui les fait ressentir comme à la maison. Les résidents ont peint avec elle. « Parfois les gens sont excités alors que d’autres sont plus craintifs. Il y a de la place pour tout le monde, basé sur ce qu’ils ont besoin émotionnellement pour s’engager dans la création d’une œuvre», a mentionné l’artiste.
On retrouve plusieurs symboles de la communauté mohawk dans la murale, par exemple l’ours, le loup et la tortue, qui représentent les trois clans, la maison longue ou encore la fraise qui dans la culture autochtone est une médecine qui connecte aux ancêtres et aux esprits.
«On vient d’endroits différents où nous avons eu des enseignements différents, mais ce qui nous relient c’est notre humanité et la Terre, a fait valoir l’art-thérapeute. J’ai pu apporter ma perspective comme personne autochtone et eux leur perspective.»
Cette initiative sera aussi reproduite prochainement à la Maison des aînés et maison alternative de Salaberry-de-Valleyfield. Elle comprend la création de la murale ainsi que des activités de sécurisation culturelle, comme des ateliers présentés par des membres de Kahnawake.

