Le siège de toilette a cassé le jour de la fête du Canada. Régler sa succession n’a pas été de tout repos.
La première étape a consisté à trouver un remplaçant. Ma charmante épouse s’en est chargée dans le Rona du boulevard Saint-Jean-Baptiste à Châteauguay. Pendant qu’elle était dans le magasin, j’ai travaillé en l’attendant à l’extérieur avec l’hyper dépendante Banffy. Avec mon téléphone intelligent, je peux télétravailler debout dans un stationnement. C’est quand même fabuleux. Je révisais des textes avant publication sur le site internet du journal. Une employée s’est approchée de nous. « Vous savez monsieur, les chiens sont admis dans le magasin s’ils sont gentils. Le vôtre a l’air calme », elle m’a informé. Bon à savoir ! Je ne l’écrirai pas trop fort parce que Banffy s’excite parfois lorsqu’elle aperçoit un semblable.
Ma Dulcinée a trouvé l’accessoire devant assurer notre confort à la salle de bains. J’avais prévu une dizaine de minutes pour l’installer. La mission s’est avérée pas mal plus compliquée que prévu. Les deux vis qui retenaient le siège cassé tenaient solidement à leur écrou respectif.
J’ai eu beau les asperger de WD-40, tous mes efforts de clé et de tournevis sont demeurés vains. Les pièces de métal avaient l’air soudées.
Question bricolage, j’ai moins d’aptitudes que le personnage de Martin Matte dans les Beaux malaises. Aussi moins d’outils. Chacun ses talents !
Devant ces vicieuses vis, je ne voyais plus qu’une solution. Il fallait scier. J’avais une petite lame vouée à la coupe du métal quelque part. Je l’ai repérée et ai commencé à lui faire remplir sa fonction. Pas évident de couper la tête d’une vis insérée dans un trou de porcelaine. La lame a cédé au bout de 15 minutes. J’ai formulé quelques jurons pour éviter à mon corps une hausse de tension artérielle trop marquée. Mais les sages paroles de La Fontaine que j’ai souvent servies à d’autres me sont revenues à l’esprit : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».
L’horloge sur la cuisinière m’a informé qu’il était 8h30. C’était jeudi, les quincailleries étaient encore ouvertes. J’ai enrichi mon coffre d’outils d’une scie à métaux pour moins de 10 $.
L’instrument en main, j’ai attaqué une des vis récalcitrantes. Ce n’était pas évident d’offrir son cou aux dents de ma lame. Il fallait la tirer vers le haut de la main gauche. La marge de manœuvre était minuscule. La scie bloquait. Mordait ici, là, trop haut, trop bas. Peinait à rester dans le même sillon pour le creuser jusqu’à la victoire. Quand même, la poudre de métal a augmenté sur le blanc de la porcelaine. Finalement, tac ! La tête de la vis a sauté. J’ai ressenti un mélange de joie et de soulagement. Encouragé, j’ai coupé la 2e vis dans l’allégresse.
J’ai constaté avec satisfaction que les fixations du nouveau siège étaient en plastique.
