Dans cet épisode profondément inspirant de Le temps d’une Sieste, l’animatrice reçoit Vicky, maman de quatre garçons, qui a complètement transformé sa façon de vivre, d’éduquer et de concevoir la famille. Pendant plus de quatre ans et demi, Vicky, son conjoint et leurs enfants ont voyagé à travers l’Amérique du Nord dans un autobus scolaire converti, laissant derrière eux la vie de banlieue traditionnelle pour une existence nomade, minimaliste et intentionnelle.
Vicky se présente d’abord comme une maman à la maison par choix, un rôle qu’elle a toujours revendiqué avec fierté. Avant ce grand virage, elle menait une vie très classique : maison en banlieue, voitures, routine bien établie. « C’était la vie de banlieue typique, l’American dream », explique-t-elle. Jamais l’école à la maison ni la vie sur la route n’avaient fait partie de ses plans.
Le déclic survient après une accumulation d’épreuves personnelles : maladie mentale dans sa famille, décès rapprochés, divorce de ses parents. « Ça te fait réfléchir autrement… on travaille tous pour une retraite que plusieurs n’atteindront jamais », confie-t-elle. À Noël 2018, épuisée, elle part spontanément en Floride avec ses enfants pour rejoindre son père. Ce séjour, vécu sans horaires ni pression, devient un moment charnière. « Il n’y avait plus de cadran, plus d’urgence… juste vivre le moment présent. »
De retour à la maison, le contraste est brutal. Leur immense demeure leur semble soudainement vide, trop grande. Un de ses fils lui lance : « Maman, c’est beaucoup trop grand. » Le projet initial est simple : vendre la maison et rapetisser. Mais en chemin, Vicky découvre des familles voyageant en autobus scolaire. L’idée fait son chemin rapidement : « J’ai regardé mon chum et j’ai dit : on achète un bus, on le convertit, puis on part. Il a répondu : on le fait. »
S’amorce alors un long processus de dépouillement, autant matériel qu’émotionnel. Vicky parle d’un virage vers le minimalisme qui « soignait l’âme ». L’école à la maison arrive presque naturellement avec le projet de voyage, même si cela la terrifie au départ.
« Je ne suis pas professeure. Je suis diplômée comme maman à la maison. »
La pandémie devient paradoxalement une alliée. Elle permet une transition en douceur vers l’école à la maison, sans anxiété. Les enfants ne retournent jamais à l’école traditionnelle. La vie quotidienne s’organise autour d’une structure claire : lever tôt, apprentissages le matin, exploration l’après-midi, lecture et coucher à 19 h. « Une routine, ce n’est pas métro-boulot-dodo. C’est savoir quelles sont nos vraies priorités. »
Vicky aborde sans filtre l’intimité, la discipline, la vie de couple dans un espace restreint. « C’est une thérapie de couple et de famille accélérée, tous les jours. » Elle insiste sur l’importance de l’écoute, de la communication et de l’intuition. Pour elle, ce choix de vie n’est pas du courage, mais une nécessité.
Aujourd’hui, l’autobus est vendu, et la famille s’apprête à repartir… cette fois en sac à dos. Quand on lui demande ce qu’elle aurait aimé savoir avant, sa réponse est simple : « Si j’avais su, je l’aurais fait avant. »
📌 Chapitres
0:00 – 1:13 | Présentation de Vicky et de sa famille
1:14 – 2:40 | La vie d’avant : routine et banlieue
2:41 – 4:06 | Le déclic et la remise en question
4:07 – 5:47 | Le voyage en Floride qui change tout
5:48 – 6:56 | Vendre la maison et l’idée de l’autobus
6:57 – 8:23 | Le projet secret et la réaction de l’entourage
8:24 – 10:46 | COVID, école à la maison et transition
10:47 – 13:55 | Les enfants, l’adaptation et la chimie familiale
13:56 – 16:29 | Discipline, routines et vie quotidienne
16:30 – 20:32 | Intimité, couple et communication
20:33 – 24:36 | Argent, minimalisme et réalités financières
24:37 – 30:55 | L’école à la maison sur la route
30:56 – 37:24 | Apprendre autrement et ralentir
37:25 – 42:26 | Peur, intuition et nouveaux projets
42:27 – 46:19 | « Oh my God, avoir su » et conclusion

