Les autorités de santé publique de la Montérégie et de l’Estrie lancent un avertissement à la population devant la progression rapide de la rage du raton laveur dans le sud du Québec.

Le foyer actuel de rage du raton laveur au Québec remonte à 2024, lorsqu’un premier cas a été détecté à Saint-Armand, près de la frontière américaine, où la maladie circulait déjà au Vermont. Un second foyer a ensuite été découvert à Stanstead, en Estrie, à l’été 2025.

Depuis, la situation ne cesse d’évoluer. Selon les plus récentes données du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, la zone de surveillance renforcée englobe maintenant presque toute la Montérégie, y compris plusieurs secteurs urbains, ainsi que le sud-ouest de l’Estrie.

En résumé, un cas a été détecté en 2024, 93 en 2025 et déjà 76 l’ont été cette année dont 55 en Montérégie.

Quand y a-t-il un risque ?

Réunis jeudi à Longueuil, la directrice de santé publique de l’Estrie, Dre Isabelle Samson, et le directeur de santé publique de la Montérégie, Dr David-Martin Milot, ont rappelé que, bien que rare, la rage demeure une maladie presque invariablement mortelle chez l’humain une fois les symptômes déclarés.

«La meilleure protection consiste à éviter toute exposition au virus», ont-ils souligné, rappelant qu’un traitement préventif efficace existe lorsqu’il est administré rapidement après un contact à risque.

Une exposition à risque survient lorsqu’une personne entre en contact avec la salive d’un animal infecté ou potentiellement infecté. Les morsures et les griffures constituent les situations les plus fréquentes, mais la transmission peut également se produire lorsque de la salive entre en contact avec une plaie, les yeux ou la bouche.

carte rage
Les marques en rouge indiquent les animaux qui étaient atteints de la rage. (Photo : Répartition des spécimens collectés dans le cadre de la surveillance de la rage du raton laveur au Québec, depuis le 1er janvier 2026)

Les experts rappellent qu’un animal porteur de la rage peut parfois sembler en parfaite santé. Tous les mammifères peuvent être infectés, qu’il s’agisse d’animaux sauvages, comme les ratons laveurs, les renards, les mouffettes ou les chauves-souris, ou encore d’animaux domestiques non vaccinés.

Des gestes simples

À l’approche de l’été, alors que les activités extérieures se multiplient, les directions de santé publique invitent les citoyens à faire preuve de prudence.

Parmi les principales recommandations, il faut éviter tout contact avec les animaux sauvages ou domestiques inconnus, même s’ils semblent inoffensifs ou sont morts, et apprendre aux enfants à ne jamais approcher un animal et à avertir un adulte en cas de contact.

En cas de morsure, de griffure ou de contact avec la salive d’un animal, laver immédiatement la zone touchée à l’eau et au savon pendant une dizaine de minutes, puis communiquer avec Info-Santé 811 ou consulter rapidement un professionnel de la santé.

Il est fortement recommandé de faire vacciner les animaux de compagnie et s’assurer que leurs vaccins sont à jour. On peut aussi signaler tout animal mort ou présentant un comportement inhabituel en remplissant le formulaire prévu à cet effet ou en composant le 1 877 346-6763.

Les autorités insistent également sur l’importance de ne jamais manipuler ni déplacer un animal sauvage.

Une maladie à prendre au sérieux

Le dernier cas de rage humaine recensé au Québec remonte à l’an 2000 et était lié à un contact avec une chauve-souris. Malgré cette rareté, les autorités rappellent que chaque exposition potentielle doit être prise au sérieux.

«La rage est très rare chez les humains, mais une fois les symptômes apparus, elle est toujours mortelle», de rappeler le Dr Milot.