Un groupe de gens d’affaires travaille sur un projet de salle d’attente virtuelle à l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay. L’objectif : ne plus être condamné à attendre dans la salle d’attente sans quitter son siège de peur de perdre son tour.

Quiconque a déjà patienté pendant des heures aux urgences de l’hôpital à Châteauguay sait que l’attente sera très longue si son cas n’est pas prioritaire. «On n’a souvent pas d’alternative à l’urgence, surtout les weekends ou les soirs», rappelle Stéphane Leduc, initiateur du projet.

L’homme d’affaires qui dirige l’entreprise CCNuclear a eu l’idée de créer une salle d’attente virtuelle à la suite d’une longue visite aux urgences en 2024 avec son père âgé qui avait fait une chute. «Je me disais que ça n’avait pas de bon sens. La technologie pourrait nous permettre de savoir approximativement quand on va passer. Est-ce qu’on est obligé de rester assis des heures sur une chaise de plastique à regarder les murs ?» illustre-t-il.

Comme il est déjà administrateur à la Fondation Anna-Laberge, il a découvert qu’il était possible de créer des EGE, soit des événements gérés à l’externe, et de dédier les fonds à un projet précis. Il a donc créé un comité dont la mission est de financer son projet.

Être plus mobile pendant l’attente

L’idée de la salle d’attente virtuelle est de permettre au patient qui attend d’avoir une meilleure idée du temps qu’il lui reste avant de voir un professionnel de la santé.

Un travail serait fait pour garder la confidentialité des données des patients et aussi de ne pas donner de faux espoir aux patients puisque la liste «est dynamique» selon la gravité des cas.

Ainsi, la salle d’attente virtuelle ne garantit pas quand son tour viendra, mais pourra donner une meilleure idée en temps réel. «On peut se permettre d’aller prendre un café, d’aller manger, d’aller s’allonger quelque part», mentionne Stéphane Leduc.

Concrètement, un usager passerait d’abord au triage et recevrait un code QR qui lui permettrait de recevoir une notification sur son téléphone l’avertissant qu’il est appelé dans la salle d’attente, informe Santé Québec Montérégie-Ouest, qui gère l’Hôpital Anna-Laberge.

Pour financer son projet, Stéphane Leduc et son comité organisent un événement qui s’intitule Oktoberfest qui aura lieu le 2 octobre à l’Académie équestre du Suroît, propriété de M. Leduc. L’objectif est d’amasser 50 000 à 100 000 $ pour déployer le projet. Au moment de l’entrevue, le Merciérois avait bon espoir d’atteindre son objectif.

D’autres projets de salles d’attente virtuelle

M. Leduc n’est pas le seul à travailler sur des concepts de salle d’attente virtuelle dans la province. Le gouvernement du Québec a annoncé cet été la mise en place de projets pilotes dans Lanaudière et dans la Capitale-Nationale. Elles n’ont toutefois pas de lien avec le projet à Anna-Laberge, qui est vraiment une initiative locale. « Je trouve que les autres prennent des bouchées extrêmement grosses avec des concepts de télémédecine et tout. Nous on va y aller par étape et ce qu’on veut c’est assurer une mobilité du patient», explique-t-il.

Stéphane Leduc considère que la salle virtuelle pourrait être mise en place d’ici deux mois après l’événement du 2 octobre.

Santé Québec Montérégie-Ouest n’a toutefois pas le même discours. «Comme pour toute initiative susceptible d’avoir un impact dans nos installations, plusieurs aspects doivent être analysés et évalués avant qu’une éventuelle mise en œuvre puisse être envisagée, indique Anick Drouin, conseillère cadre affaires publiques, relations médias et ministérielles. Nous accordons toutefois de l’importance aux projets qui cherchent à améliorer l’expérience vécue par les usagers et leurs proches.»

Les personnes intéressées à participer à l’événement du 2 octobre peuvent consulter le site oktoberfestfal.com