Une résidente du secteur de la rue Rossini à Châteauguay, où un homme est barricadé depuis mercredi matin, a passé la nuit dans son auto alors que le mercure oscillait sous la barre des -10 degrés Celsius.
«Je me suis promenée, je suis allée au Tim Hortons à côté» raconte la femme qui ne souhaite pas être nommée. Les policiers lui ont demandé d’évacuer sa résidence mercredi. Ne pensant pas que ce serait pour longtemps, elle n’a pas amené ses médicaments avec elle. «Je suis sortie de l’hôpital récemment. Je ne sais pas ce que ça fera si je ne prends pas mes médicaments» a-t-elle confié les mains tremblantes. Sa fille étant partie en voyage, la dame a reconnu ne pas avoir de famille chez qui se réfugier.
Un autre citoyen du secteur attendait lui aussi de pouvoir rentrer chez lui, jeudi matin. «Je travaille de nuit, dit-il. J’attends dans mon auto depuis 7 h. Les policiers ne veulent pas me laisser passer».
Un policier de la Ville de Châteauguay a indiqué au Journal qu’il tentait de déployer les ressources pour pouvoir accommoder ces personnes. «La dame qui a dormi dans son auto ne nous a rien dit de sa situation avant ce matin. On aurait pu faire quelques chose si elle était venue nous voir hier soir ou cette nuit», a-t-il tenu à préciser.
Résidents inquiets
Plusieurs résidents du secteur ont contacté le Journal pour exprimer leur inquiétude. Certains ont reçu la directive de ne pas sortir de chez eux. D’autres ne pouvaient plus y rentrer. «Ça pas d’allure, ça fait 23 h que ça dure et ça pas changé pantoute. Et les gens qui restent autour de ce gars-là ne peuvent même pas retourner chez eux» écrivait, entre autres, Micheline Matthieu sur la page Facebook du Soleil de Châteauguay.
Mesures en place
De son côté, la mairesse Nathalie Simon a affirmé, jeudi matin, que la Ville avait mis en place les mesures d’accueil prévues à son protocole d’urgence pour les personnes évacuées. «Dans une telle situation, le dossier est confié à la division de la Vie citoyenne qui avise à son tour la Croix Rouge. Les gens qui ne peuvent pas aller chez leurs proches peuvent ainsi être pris en charge», précise Mme Simon.
Au moment d’écrire ces lignes, jeudi vers 15h, l’homme barricadé refusait toujours d’obtempérer avec la police. «Il n’y aucune évolution dans la situation», a fait savoir Ingrid Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec.
