En un peu plus de deux ans, Benoit Lussier, de Sainte-Martine, est parvenu à convaincre les six bannières de pharmacies du Québec de vendre les produits de son entreprise Elle R Cosmétiques.

L’entreprise verra son chiffre d’affaires doubler en 2016 et un bureau satellite doit ouvrir sous peu en Chine. Ses produits hauts de gamme vendus à prix abordables lui ont permis de se démarquer des grandes marques.
M. Lussier a passé la majeure partie de sa vie à Sherrington. Sa mère y occupe d’ailleurs le poste de conseillère municipale. Il a quitté son village natal il y a quelques années pour s’installer à Sainte-Martine, où tout a commencé.
Il n’avait jamais imaginé qu’un jour il aurait sa propre marque de produits cosmétiques, lui qui a déjà flirté avec l’idée d’étudier en médecine nucléaire et qui a aussi navigué pendant trois mois à bord d’un pétrolier au Mexique, avant de suivre une formation en commercialisation de la mode.
Plus tard, alors qu’il travaillait à la pharmacie Proxim à Lacolle, Benoit Lussier a été invité à joindre l’équipe de représentants d’un important courtier en produits cosmétiques, emploi qu’il a occupé pendant neuf ans. «Je ne connaissais rien aux cosmétiques, admet M. Lussier. Ils m’ont donné toute la formation dont j’avais besoin sur les produits que je devais vendre et ç’a été le coup de foudre.»

Lacunes
Tout au long de ces neuf années à vendre des produits de différentes marques, M. Lussier a noté plusieurs lacunes dans le service qui est offert aux esthéticiennes. À titre d’exemple, elles doivent souvent acheter les échantillons des produits qu’elles vendent pour pouvoir les essayer et être en mesure de les présenter aux clients, ce que déplore M. Lussier.
Son beau-frère, Patrick Lapointe, président du Groupe Desautels, qui se spécialise en électricité industrielle, lui a alors demandé pourquoi il ne vendrait pas lui-même de tels produits.
C’est alors qu’a germé dans la tête de M. Lussier ce projet de vendre différents produits qu’il importerait. Mais devant les coûts que représente l’importation de produits, notamment en raison du taux de change, M. Lussier a plutôt décidé de lancer sa propre gamme de produits, avec l’aide de son beau-frère et sa conjointe Annie Roy, qui ont investi dans son entreprise naissante.

Produits
Dès lors, le premier réflexe de M. Lussier est de se rendre en Europe pour y dénicher des nouveautés. «Il y a un gros show de produits cosmétiques à Paris et je suis revenu de là avec plein d’idées de produits, raconte M. Lussier. Je pensais révolutionner les cosmétiques au Québec.»
À son retour d’Europe, en 2014, il essuie un premier revers avec les produits qu’il présente aux chaînes de pharmacie au Québec. Il décide alors de se concentrer sur un seul produit phare.
À l’automne 2014, il lance Looky Hair. Il s’agit de fibres de coton colorées que l’on saupoudre sur la tête pour couvrir les endroits clairsemés. «Ce n’était pas connu de monsieur, madame, tout le monde et ce n’était pas vendu en pharmacie», explique M. Lussier.
Il a trouvé une entreprise en Chine qui fabrique ce produit pour d’autres compagnies. M. Lussier a dû concevoir la boîte, des présentoirs et élaborer un plan de commercialisation. C’est même une de ses amies que l’on retrouve sur les photos «avant, après» sur la boîte. «Ç’a été un travail énorme pour le premier produit», confie-t-il.
Dès la sortie de Looky Hair, M. Lussier a mené une importante campagne publicitaire tant à la télévision qu’en magasin, pour marquer le coup. «J’ai appelé personnellement à TVA, à V et à Elle Québec», dit-il. Le secret du succès de son produit réside aussi dans son prix, puisqu’il est vendu de deux à trois fois moins cher que les produits similaires qui sont vendus en ligne.

Suite
Pour profiter du succès que connaissait Looky Hair, M. Lussier devait rapidement trouver un second produit que les pharmacies québécoises s’arracheraient.
En juin 2015, il lançait Looky Eyes 3D, un mascara composé d’un duo de gel et de fibres. Encore une fois, M. Lussier avait réussi à commercialiser un produit unique qui n’était pas vendu en pharmacie au Québec. «Ç’a été un oui instantané de toutes les bannières», soutient M. Lussier.
Cette fois, il décide d’avoir recours à une agence de relations publiques pour faire la promotion du produit. Les ventes grimpent en flèche. «En 2015, Looky Eyes 3D est arrivé en troisième position en terme de ventes de mascaras chez la chaîne de pharmacies Rexall, au Canada anglais», explique M. Lussier.
En février 2016, il lançait un troisième produit, le Looky Brow. Il s’agit de fibres de nylon que l’on applique sur les sourcils pour mieux les définir.

Avenir
Encore aujourd’hui, M. Lussier est son seul employé. Toutes les commandes d’Elle R Cosmétiques partent de l’entrepôt de l’entreprise du beau-frère de M. Lussier. C’est M. Lussier lui-même qui assemble les commandes et qui les fait parvenir aux différents centres de distribution des pharmacies.
On retrouve les produits Elle R Cosmétiques dans 800 points de vente au Québec et au Canada anglais et l’entreprise est appelée à grandir. De nouveaux produits se retrouveront sur le marché dès le mois prochain, alors que sera lancé le mascara Looky Eyes à l’épreuve de l’eau. Au mois d’août, M. Lussier doit lancera trois éponges nettoyantes et six nouveaux pinceaux.
Elle R Cosmétiques Asie devrait voir le jour d’ici quelques semaines. Un bureau sera ouvert en Chine pour faire du développement international.
En 2017, M. Lussier compte mettre en marché une nouvelle gamme de produits de soins (crème hydratante, crème antirides, nettoyant pour la peau, etc.) conçus au Québec.