Originaire du Bangladesh, Hasanat Murtaza a été frappé en arrivant à Châteauguay par le peu de jardins derrière les maisons. Là d’où il vient, la densité de la population par mètre carré est parmi les plus élevées au monde et chaque parcelle de terre est cultivée pour en tirer profit.

Ce n’est certes pas l’hiver qui explique «tout cet espace perdu dans une province où la densité de la population est l’une des plus faibles», pense M. Murtaza. Car même habitués à un climat tropical, son épouse et lui se sont  rapidement adaptés au Québec après une période d’essais et d’erreurs. «On a vite compris qu’en semant tôt au printemps, on dispose de six mois devant nous, et c’est assez pour faire pousser tout ce dont on a besoin», dit le retraité en cueillant un petit bouquet de coriandre de son jardin. «Sentez ce parfum, propose-t-il gentiment. Essayez de trouver de la coriandre qui sent aussi bon au supermarché. C’est rare!»

Au Bangladesh, tous savent jardiner. Il souhaite passer le message aux gens d’ici. «Cultiver son terrain, ça ne coûte presque rien (quelques semences, de la terre noire, un peu d’eau et du temps). On économise sur le coût des aliments, qui sont de plus en plus chers. En plus, c’est souvent plus délicieux et sain que ce qu’on peut acheter à l’épicerie», vante celui qui considère la terre comme une richesse.

Préparer des plats typiques

À une autre époque, M. Murtaza a voyagé à divers endroits sur le globe alors qu’il travaillait au département des ressources humaines pour un grand hôtel. «J’aimais découvrir les cultures, rencontrer les gens pour mieux comprendre leurs goûts, leurs habitudes. On a besoin de savoir ça quand on reçoit des voyageurs de partout au monde».

S’il s’est installé pour de bon à Châteauguay en 2004, notamment parce que ces enfants y sont heureux, nous dit-il fièrement, il a rapporté un peu de ses voyages dans son jardin.

Dans un coin, une plante verte produit des fèves un peu plus larges que celle dont on a l’habitude de voir pousser ici. Une variété d’aubergines pousse dans un coin, dans l’autre des piments forts. Plus loin, une vigne de Pui Shak s’épanouit d’un pot à l’autre. De l’autre côté, une plante plus volumineuse, commune au Bangladesh, produit un légume qui a de grandes propriétés anti-cholestérol. «Ça nous permet de préparer des plats typiques de notre pays d’origine», dit M. Murtaza, qui doute pouvoir trouver ces précieux ingrédients dans un marché local.

Son jardin est bien modeste en termes de grandeur. Ce qui prouve, comme il souhaite le démontrer, que ça ne prend pas des acres pour faire pousser de délicieux légumes derrière chez soi.

L’entrevue s’est déroulée en anglais, à la mi-octobre. M. Murtaza aurait souhaité qu’on le rencontre plus tôt, car au moment du passage du Journal, la plus grande partie de sa production avait été récoltée.