Un résident de Châteauguay se demande quel est l’intérêt d’octroyer des permis à des vendeurs pour faire du porte-à-porte. À plusieurs reprises, il dit avoir eu à faire face à des vendeurs un peu trop insistants.
«Combien d’argent ces permis rapportent-ils à la Ville ? Et est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?» se questionne Andrew Clark, propriétaire d’une maison qui est visitée en moyenne deux à trois fois par mois par des vendeurs itinérants lorsque le beau temps revient, estime-t-il. Ses dernières expériences le laissent encore perplexe. Une fois, c’est un enfant qui s’est pointé à sa porte, sans permis, avec un air très fatigué. «J’avais l’impression qu’il était exploité par un employeur malhonnête», raconte M. Clark, qui a contacté la police. Une autre fois, ce sont deux jeunes hommes qui ont insisté pour vérifier son système de chauffage et sa boîte électrique «afin de vérifier que tout était conforme» en parlant «comme des experts». «Je veux bien écouter ce qu’ils ont à dire, mais à plusieurs reprises, ils ont dépassé la ligne en insistant pour entrer chez moi. J’ai encore une fois appelé la police», rapporte-t-il.
S’il se dit vigilant devant ces étrangers qui s’imposent chez lui régulièrement, il s’inquiète pour les personnes plus vulnérables. Il raconte d’ailleurs que ses parents, qui habitent à quelques rues de chez lui, «se sont fait prendre» en signant un contrat d’entretien pour leur chauffe-eau. «J’étais fâché. On a réussi à faire annuler le contrat, puisqu’on dispose de 30 jours après la signature pour le faire, mais ça été très compliqué», déplore-t-il.
Permis obligatoire
À Châteauguay, le permis pour faire de la sollicitions porte-à-porte est obligatoire et n’est accordé que si le titulaire répond à certaines exigences, dont celle d’être majeur, d’obtenir au préalable un permis de vendeur itinérant auprès de l’Office de protection du consommateur, et de fournir une copie d’un certificat de bonne conduite émis par le Service de police de la Ville.
Néanmoins, la police dit intervenir à quelques occasions pour ce genre de plaintes. «Les gens sont un peu plus aux aguets, indique l’agente Nathalie Langevin, de la police de Châteauguay. Ils signalent des gens sans permis ou nous demande de faires des vérifications pour voir s’ils en détiennent un», ajoute-t-elle.
La Ville indique de son côté que certaines plaintes reçues au début de l’année 2015 concernaient une entreprise ayant obtenu un permis. Les autres concernaient des entreprises n’ayant pas de permis.
En 2015, la Ville a émis des permis pour un total de deux entreprises. «Une avait deux membres autorisés, et l’autre sept», indique Sylvain Daignault, à l’époque chef de la Division des communications à la Ville de Châteauguay.
Pour obtenir un permis, le titulaire doit débourser des frais d’environ 300$.
Vente de chocolat
Les jeunes sont-ils autorisés à faire du porte-à-porte?
Même si selon le règlement les jeunes n’ont pas le droit de faire du porte-à-porte sur le territoire de la Ville de Châteauguay puisqu’ils ne sont pas majeurs, la Ville dit accepter ces pratiques «qui sont des activités normales citoyennes», dit-elle. Elle ajoute de surcroît ne jamais avoir enregistré de plainte pour ce type d’activité.
