En mai, les locataires de l’immeuble à logement situé au 144, rue de Gaspé Ouest à Châteauguay ont vu leur milieu de vie perturbé par le bruit discontinu de travailleurs. Le 4 juin, leurs outils se sont tus. La journée précédente, la Commission de la construction du Québec (CCQ) aurait pris en flagrant délit des travailleurs sans cartes de compétence, confie le locataire Michel Dormoy.

De mai jusqu’au début juin, les ouvriers s’affairaient six jours par semaine jusqu’à 19 h, témoigne M. Dormoy. Les travaux commençaient, arrêtaient un certain temps pour reprendre quelques jours plus tard.

Durant les rénovations, les travailleurs ont coupé des fils de système d’alarme, brisé des conduits d’eau. Les pompiers sont intervenus dans l’immeuble à quelques reprises, mentionne M. Dormoy.

La nuit, le sommeil du locataire était entrecoupé par le claquement de portes des galeries laissées ouvertes. Les portes ont été fermées trois jours après que les personnes concernées aient été informées. Michel Dormoy dit «être stressé, sur les nerfs». «Ils ont des trucs pour nous faire déménager, dit-il. Mais on ne veut pas déménager. On va tenir notre bout.»

Les locataires de l’immeuble disent subir de la pression de la part du propriétaire pour les inciter à quitter les lieux depuis décembre 2024.

La députée avisée

Michel Dormoy a avisé la députée de Châteauguay de la situation. Marie-Belle Gendron confirme avoir discuté avec d’autres personnes.  Leurs propos laissaient croire qu’ils vivent une «situation qui semblait très difficile», exprime-t-elle.

«On a interpellé la Ville de Châteauguay. Comme députée, je ne peux pas prendre de recours, précise Mme Gendron. L’important, c’est que les gens qui sont là aient un toit, un endroit sécuritaire pour habiter, c’est ce qui me concerne et m’inquiète.»

Inspecteur municipal sur place

Un inspecteur municipal s’est déplacé également au 144, rue de Gaspé Ouest, mentionne Sarah-Maude Geneau, conseillère aux communications à la Ville de Châteauguay. «Aucun travaux ni travailleurs n’étaient présents lors de cette visite, mais une inspection du bâtiment a pu, par la suite, être effectuée», indique-t-elle.

Le propriétaire de l’immeuble a été informé de la réglementation municipale, dont la demande de permis. Châteauguay a exigé de mettre un terme aux travaux dans l’attente de leur conformité. «Le propriétaire a depuis entrepris des démarches auprès de la Ville afin de régulariser la situation et nous a indiqué qu’une demande de permis devrait être déposée prochainement», indique Mme Geneau.

Marie-Belle Gendron affirme que la Commission de la construction du Québec est «activement sur le dossier» et que l’organisation s’est présentée au 144, rue de Gaspé Ouest.

De son côté, la CCQ s’abstient de commenter. «Compte tenu de la nature de nos travaux, nous ne pouvons pas commenter de cas précis, ni vous confirmer si une enquête est en cours pour le chantier cité», dit Noémia L’Heureux-Daigneault, conseillère aux affaires publiques à la CCQ. 

La Commission de la construction du Québec parcourt les chantiers dans la province afin de s’assurer de l’application des règles de ce secteur d’activité. En 2024, les inspecteurs ont visité 49 097 chantiers ont été visités, mentionne Mme L’Heureux-Daigneault.

La CCQ a les pouvoirs de vérification et d’enquête. À la suite de la découverte d’une infraction, l’organisation peut mettre à exécution des moyens d’intervention.

Le journal a tenté en vain de joindre le propriétaire de l’immeuble.