La Ville de Mercier est la première au Québec à avoir formé tous les agents de son corps policier en vue de la légalisation du cannabis.

« L’École nationale de police du Québec nous confirme qu’on est le seul corps de police au Québec qui a été capable de former tous ses agents à temps pour le 17 octobre », se réjouit, le directeur des communications de la Ville de Mercier, Vincent Lanctôt.

Le Service de police de Mercier (SPVDM) est composé de 22 personnes, ce qui en fait le plus petit service policier de la province.

Les derniers policiers ont complété leur formation obligatoire donnée par l’École nationale de police du Québec mercredi.  Le directeur du SPVDM, Steeve Boutin, ainsi que la directrice adjointe ont également suivi le cours.

M. Lanctôt explique que la formation visait à faire connaître la nouvelle règlementation sur le cannabis, notamment les dispositions de la loi fédérale.

« Les policiers sont maintenant au courant des nouvelles dispositions au code criminel et de la loi ce qui fait en sorte que si une situation implique du cannabis ils seront en mesure de voir si la personne est dans la légalité ou non », a-t-il précisé.

Concernant la détection de conducteurs aux capacités affaiblies par le cannabis, la Ville de Mercier se dit prête à gérer les cas, comme c’est le cas actuellement.

« Ce n’est pas parce que le cannabis sera légal le 17 octobre que les gens n’en fument pas aujourd’hui. Les policiers font déjà face à ça et ils ont déjà des outils pour intervenir et pour appeler des ressources qui peuvent donner un coup de main », a souligné M. Lanctôt.

Cependant, Mercier n’aura pas en place d’agent évaluateur au moment de la légalisation du cannabis. Ce policier, expert en reconnaissance de drogues, est apte à déterminer qu’un conducteur a les capacités affaiblies par la drogue, notamment via l’examen des signes vitaux, des yeux, de l’équilibre et de la coordination.

M. Lanctôt a fait savoir que la Municipalité pourrait compter sur un tel expert d’ici la fin de l’année 2018 ou au début de la prochaine année.

Pour l’instant, le corps policier merciérois fera appel aux agents évaluateurs de la Sureté du Québec ou à ceux des corps policiers des villes avoisinantes.

Selon l’Association canadienne des chefs de police, le Canada aurait besoin de 2000 experts en reconnaissance de drogues (ERD). Actuellement, 833 ERD sont formés. Le gouvernement canadien espère en avoir 500 autres d’ici 5 ans.

Pas de machine pour confirmer les cas de cannabis au volant

Malgré le fait qu’une machine pour détecter la présence de THC dans la salive des conducteurs soupçonnés d’avoir consommé du cannabis existe, Mercier n’aura pas la sienne.

« On est en mode attente. L’intention est d’avoir une machine pour la drogue quand on saura quelle machine sera approuvée par le directeur des poursuites criminelles et pénales à savoir laquelle peut être retenue en preuve. Si on achète une machine approuvée par le gouvernement du Canada, mais qui ne sera pas utilisée en preuve par le DPCP, ça ne nous sert à rien de l’acheter », a affirmé M. Lanctôt.

Il rappelle qu’à l’heure actuelle, la machine autorisée par le gouvernement fédéral, le Dräger DrugTest 5000, est contestée par certains corps policiers, notamment pour sa fiabilité.

Une étude publiée dans le Journal of Analytical Toxicology démontre que l’appareil diffuse des résultats faux positifs 14 % du temps tandis que des faux négatifs se produisent 13 % du temps.