Les tensions sont toujours vives entre la Ville de Mercier et le Conseil intermunicipal de transport du Haut-Saint-Laurent(CITHSL), qui gère le transport en commun dans le secteur. Mercier exige un contrat par appel d’offres pour le futur transporteur ou la nomination d’un observateur présent lors des négociations avec l’actuel transporteur. Ces demandes ont été refusées par le CITHSL.

Comme le CITHSL refuse de procéder par appel d’offres, la mairesse Lise Michaud a demandé qu’un observateur assiste aux négociations du contrat de gré à gré. «Ça n’a pas de bon sens qu’un contrat pouvant s’élever à 20 millions de dollars soit négocié sur le coin d’une table avec une seule personne», croit Mme Michaud.

La directrice générale du CITHSL Hélène Thibodeau a refusé la demande de Mercier. «Ce n’est pas vrai qu’il y aura quelqu’un qui va épier mon travail. C’est clairement un manque de confiance, s’indigne Mme Thibodeau. De toute façon, je me rapporte au CIT, pas juste à la Ville de Mercier. Il y a un comité de pilotage à qui je vais présenter mes progrès de négociation. Mercier en fait partie.» La directrice générale est convaincue qu’elle parviendra à négocier un contrat avec un taux horaire à la baisse, une clause carburant actualisée et une porte ouverte à la bonification du service.

La Ville de Mercier a informé le CITHSL qu’elle ne reconnaîtrait pas un contrat négocié de gré à gré et demande à nouveau qu’un contrat soit accordé par appel d’offres pour une durée maximale de deux ans puisqu’une réforme du transport en commun sur la Rive-Sud de Montréal est prévue d’ici 2017.  «Il n’y a pas un transporteur qui va soumissionner pour deux ans», estime Mme Thibodeau. De façon générale, les contrats ont une durée de 5 à 10 ans.

L’exemple de Beauharnois

Mme Michaud s’indigne que sa municipalité paie plus de 600 000 $ pour le transport en commun alors que Beauharnois, qui a une population et une superficie similaire à Mercier, paie plutôt 300 000 $. Beauharnois fait partie du CIT du Sud-ouest(CITSO), qui couvre les villes de Châteauguay, Beauharnois, Léry et Salaberry-de-Valleyfield. Selon les données fournies par Mercier, la ville de Beauharnois compte 92 départs et un service de taxi-bus tandis que Mercier compte 39 départs et n’a pas de taxi-bus.

La directrice du CITHSL explique cet écart de prix par la différence de population entre le CITSO et le CITHSL. Le CITSO compte sur un bassin de population de 134 000 personnes. Châteauguay paie 70 % de la facture. Le 30 % restant est réparti entre les villes de Léry, Beauharnois et Salaberry-de-Valleyfield.

Le CITHSL compte sur une population de 22 000 personnes pour répartir les coûts. La Ville de Mercier représente 54 % de la population totale du territoire, c’est pourquoi elle paie un montant si élevé.