La MRC de Roussillon se dit prête à intervenir auprès des entreprises de son territoire affectées par les tarifs douaniers américains, alors que les répercussions économiques de la situation demeurent encore difficiles à mesurer.

La MRC de Roussillon entend jouer un rôle de premier plan pour accompagner les entreprises confrontées aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Par l’entremise de son service de développement économique Prospérer RS, elle se prépare notamment à déployer le Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME) – Tarifs douaniers, annoncé par le gouvernement du Québec.

Selon la préfète de la MRC de Roussillon et mairesse de Mercier, Lise Michaud, l’organisation bénéficie d’une expérience acquise lors de la pandémie de COVID-19, alors qu’elle avait été mandatée par Québec pour administrer des mesures d’aide financière.

« Quand est arrivée la COVID, on a versé environ 7 millions et on a aidé environ une centaine d’entreprises », rappelle-t-elle lors d’une entrevue pour Le Reflet.

Cette expertise permettrait aujourd’hui à la MRC de réagir rapidement au contexte tarifaire. Des sommes provenant de l’aide gouvernementale mise en place durant la pandémie seraient toujours disponibles dans les coffres de la MRC, ce qui devrait faciliter la remise en marche du programme.

Jusqu’à 150 000 $ par entreprise

Le programme d’aide d’urgence vise notamment à répondre aux besoins de liquidités des PME affectées par les tarifs américains. Selon Lise Michaud, les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 200 000 $ et 2 millions de dollars peuvent désormais être admissibles au programme, à la suite d’une récente modification de ses critères.

La MRC pourra accorder jusqu’à 150 000 $ par entreprise, sous certaines conditions.

Le soutien prendra la forme d’un prêt pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pour les modalités évoquées par la préfète, le prêt est offert sans garantie exigée, avec un taux d’intérêt de 0 % durant la première année et sans obligation de remboursement du capital pendant cette période.

La MRC n’a toutefois pas encore précisé le montant total dont elle dispose pour l’ensemble des entreprises du territoire.

« Le plus simple, c’est d’inviter les entrepreneurs, autant ceux qui font de l’exportation directement que les fournisseurs, à rentrer en contact avec la MRC », explique Mme Michaud.

Elle souligne que l’aide ne se limitera pas à ce programme. Les entreprises pourront également être dirigées vers d’autres mesures de soutien offertes par Québec et Ottawa, selon leur situation.

Disponible rapidement

Pour le moment, la MRC affirme n’avoir reçu aucune demande concrète dans le cadre de cette nouvelle mesure. Elle a néanmoins déjà commencé à communiquer avec les entreprises de son territoire pour les informer du soutien disponible.

Les entrepreneurs qui présenteront une demande devraient pouvoir obtenir une réponse dans des délais relativement courts, selon la préfète.

La MRC prévoit également intensifier ses communications au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

Plus de 175 entreprises seraient touchées

La MRC estime à 175 le nombre d’entreprises exportatrices sur son territoire, mais précise que le nombre d’entreprises touchées par les tarifs pourrait être plus élevé. Mme Michaud n’a toutefois pas pu chiffrer leur impact économique total au moment de l’entrevue.

La portée réelle des conséquences demeure donc difficile à déterminer, notamment puisque les effets peuvent varier selon les entreprises, leur niveau d’exposition au marché américain et leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement.

La préfète ne cache d’ailleurs pas ses inquiétudes quant aux conséquences possibles sur l’emploi et la survie de certaines entreprises.

« Évidemment », répond-elle lorsqu’on lui demande si elle craint des mises à pied ou des fermetures. « On est préoccupés par la situation. Comme partout au Québec et partout au Canada, il n’y a personne qui peut deviner ce qui nous pend au bout du nez actuellement. »

Diversification des marchés

Au-delà de l’aide financière d’urgence, la MRC affirme avoir travaillé depuis 2025 à réduire la dépendance des entreprises au marché américain.

Des programmes de Prospérer RS permettent notamment aux PME d’explorer de nouveaux marchés au Canada et à l’international. Le soutien peut, entre autres, contribuer à certains frais liés aux déplacements et aux démarches de prospection commerciale.

« On les supporte à faire de l’exportation autre qu’aux États-Unis », explique Mme Michaud.

Quant à savoir si les mesures annoncées par Québec et Ottawa seront suffisantes, la préfète préfère pour l’instant attendre de voir comment la situation évoluera.

« Actuellement, je ne peux pas vous dire qu’il en manque parce qu’on n’a pas encore eu de demande officielle », affirme-t-elle.

« Ce que je sais, c’est que les gouvernements sont ouverts à s’adapter à la réalité qui s’en vient », ajoute-t-elle.