Quand ma collègue a partagé son article »La communauté se mobilise pour parrainer des familles syriennes » sur Facebook récemment, j’étais convaincue que des gens manifesteraient leur intérêt pour soutenir la cause ou, à tout le moins, se diraient fiers de leur communauté. J’ai été désagréablement surprise.
La majorité des commentaires sur la page Facebook du journal Le Soleil de Châteauguay ont plutôt été négatifs et plusieurs avaient le raisonnement suivant : avant d’aider les démunis des autres pays, nous devrions nous concentrer sur les démunis québécois. Il est tout à fait louable de souhaiter de meilleurs services pour les gens en difficulté chez nous. Mais il est à mon avis un peu égoïste de penser que parce que des gens qui vivent ici ont besoin d’aide, ceux qui viennent d’ailleurs n’ont qu’à s’organiser sans nous. Faut-il rappeler que ces familles fuient la guerre ? Comme le témoigne la famille Barbar-Karakouch dans nos pages cette semaine, ce n’est pas par choix que ces gens quittent leur pays.
Le meilleur pour leurs enfants
On devrait au contraire les accueillir à bras ouverts, les aider à s’intégrer à notre société bien différente de ce qu’ils ont toujours connu. On ne parle pas assez souvent des défis auxquels les immigrants font face lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays. Je pense à mes voisins qui sont d’origine marocaine. Ils ont immigré au Québec il y a bientôt six ans avec leurs deux fillettes. Au Maroc, le couple avait de bons emplois dans le domaine de la finance. Arrivés ici, ils avaient l’avantage de comprendre le français, mais se trouver un emploi était très difficile en raison des problèmes d’équivalence de diplômes. Le mari s’est trouvé un emploi au gouvernement du Québec. Sa conjointe, de son côté, est retournée sur les bancs d’école, au Cégep, pour faire une technique en soins infirmiers. Alors qu’elle était toujours aux études, ils ont eu un troisième enfant. Ils ont bûché fort pour arriver où ils en sont aujourd’hui. Ma voisine m’a déjà confié qu’elle s’ennuyait parfois de son pays d’origine (je pense qu’elle n’aime pas beaucoup l’hiver), mais ne regrette en rien tous les sacrifices qu’elle a faits ses dernières années. Parce que la qualité de vie et l’avenir qu’elle offre à ses enfants valent leur pesant d’or. Je suis convaincue que les familles syriennes qui s’installeront ici ont ce même désir. Peut-on reprocher à des parents de souhaiter un meilleur avenir pour leur progéniture? Je ne crois pas. La région doit être fière que des citoyens se mobilisent pour aider ces enfants.

