Sylvain Deschamps, résidant de la rue Phénix à Sainte-Martine, n’a plus d’eau potable depuis deux ans et ne peut pas vendre sa maison.
Son approvisionnement en eau s’est détérioré en 2013, selon le Martinois. Il estime que la circulation accrue due aux développements résidentiels aurait causé des dommages à la structure de son puits de surface. Son adoucisseur ne peut traiter convenablement l’eau de son puits avec une forte teneur en fer. « On ne boit pas l’eau, juste se brosser les dents, c’est infect. On est obligé d’acheter notre eau potable pour faire notre thé, nos jus. Avant, nous pouvions nous suffire avec notre adoucisseur d’eau parce qu’il n’y avait pas de passage dans la rue. Avec les nouveaux développements, ça détruit nos affaires », soutient-il. Sa conjointe, son fils et lui sont contraints de prendre un bain dans une eau orangée. Selon les observations de M. Deschamps, les nouvelles habitations seraient surélevées, les eaux qui s’accumulent sur les terrains ruissellent vers le sien et peuvent engendrer une contamination de son puits par le champ d’épuration, soutient-il. « Ici, le sol, c’est de la glaise bleue, ça ne boit pas pantoute, c’est comme si dans la rue; le sol était un immense récipient», ajoute-t-il.
«Si on prend cette eau rouillée, ça ne fait pas un bon lavage, poursuit M. Deschamps. Il faut changer nos robinets à tous les cinq ans et c’est censé durer une trentaine d’années. Ça coûte cher, c’est des gros désavantages », déplore le plombier de profession.
Sa maison est évaluée à 229 000 $. « Ça cause un grave problème, un grave préjudice et ça fait déjà deux ans que j’aurais aimé la vendre, mais je ne peux pas. Je dois la garder et ce n’était pas dans mes plans », confie M. Deschamps.
Égout et aqueduc
En 2013, il avait reçu des estimations de la municipalité de 7000 $ pour raccorder la maison aux égouts et 2800 $ pour la brancher à l’aqueduc, soit un total de 9800 $.
Selon lui, les coûts estimés en 2014 de 28 000 $ pour les deux services sont trop élevés. « On doute fort qu’ils (élus) veulent nous faire payer toute la rue, l’asphalte, et toutes les infrastructures pour mettre ça beau», dit-il.
Un long processus
La municipalité a entamé des démarches dès 2000 pour doter la rue Phénix et le chemin de la Beauce à proximité des services d’égouts et d’aqueduc. En 2011 une étude de faisabilité a été faite ainsi qu’un plan préliminaire pour estimer les coûts des deux réseaux (égout et aqueduc), en septembre 2012.
La municipalité avait sondé les citoyens touchés en proposant des idées de prix en février 2013. Les résultats ont indiqué que les gens voulaient l’aqueduc et les égouts sur la rue Phénix et seulement l’aqueduc sur le Chemin de la Beauce.
Au départ 34 citoyens étaient concernés par ce raccordement, mais seulement 18 recevront les services. Les plans et devis ont été exécutés par la firme d’ingénieur Les Services exp, en mars 2013 et en juin de la même année, une demande d’autorisation de prolongement de réseau auprès du ministère de l’Environnement a été approuvée en octobre 2013. Après les élections, les démarches ont repris leur cours en novembre 2014. Cette année, un règlement mandatait en avril, la même firme pour préparer l’appel d’offres. La municipalité est maintenant en attente de la réponse du ministère des Affaires municipales pour le règlement d’emprunt de 695 000 $. Le nombre de signatures lors du registre n’atteignaient pas le nombre requis pour s’opposer à ce règlement. La répartition des coûts des travaux a été établie selon la partie avant du terrain de chaque résidant.
Aide du gouvernement
Selon Stéphane Billette, député libéral de la circonscription de Huntingdon et whip en chef du gouvernement, des récentes bonifications apportées au Programme d’infrastructures municipales d’eau ont été apportées. Les municipalités de 6500 habitants et moins pourront bénéficier jusqu’à 95 % de financement. « C’est toujours une situation d’urgence lorsque quelqu’un n’a pas d’eau potable », souligne M. Billette. L’objectif de ce programme est de soutenir financièrement les municipalités dans la réalisation de projets prioritaires visant la mise à niveau d’infrastructures d’eau exigée en vertu du Règlement sur la qualité de l’eau potable ou du Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées, informe M. Billette. Sainte-Martine devra déposer sa demande de subvention auprès du ministère des Affaires municipales avant de pouvoir bénéficier d’une part de cette enveloppe budgétaire.
Estimation des coûts par citoyens
33 000$
Pour chacun des résidants de la rue Phénix qui ont choisi d’avoir accès au service d’égout et d’aqueduc.
24 000$
Ceux du chemin de la Beauce ont choisi l’aqueduc seulement.
