ENTREVUE. Pour la première fois cette année, Rachel Duquette n’entendra pas les cloches de la rentrée scolaire puisqu’elle a accroché ses patins de directrice de l’école primaire Sacré-Cœur à Sainte-Martine. Le Soleil de Châteauguay a rencontré cette jeune retraitée quelques semaines avant le début des classes.
Q Que représente la rentrée scolaire pour vous?
R Je dirais le petit bonheur de retrouver les anciens élèves, de retrouver l’équipe et découvrir les nouveaux élèves. Accueillir tout le monde, les parents, tu vois les nouveaux parents qui arrivent avec une certaine inquiétude. Ici, il y a beaucoup d’élèves du préscolaire et quand on voit les parents venir les porter la première journée, le détachement qu’ils ont à faire pour une nouvelle étape de vie. […] Pour moi, une rentrée scolaire c’est le petit bonheur du quotidien. Il y a toujours une part d’inconnu. On ne peut jamais tout prévoir.
Q Qu’est-ce qui vous rendait le plus heureuse en tant que directrice d’école?
R Voir les enfants évoluer. Tu les vois arriver et d’un jour à l’autre, ils apprennent à être bien dans leur école et d’une année à l’autre, tu vois les apprentissages. Certains enfants ont de plus grandes difficultés, mais à chaque pas de plus que tu vois, chaque réussite, tu es fier de travailler pour eux. […] Tu vois la lumière dans les petits yeux, pour moi ça: c’est vraiment magique. […] Pour moi, l’objectif c’est de leur montrer que la vie; elle est belle. Oui, il va y avoir des embûches au cours d’une vie, il faut faire des efforts, mais il faut s’arranger que la vie soit belle et agréable.
Q Comment les enfants vous percevaient, selon vous?
R Ils me disaient que les attentes étaient claires. Pour eux, ils savaient que quand je leur disais quelque chose, je ne le répéterais pas trois fois. Tout se faisait dans le calme et la douceur. Je ne me mettais pas à parler fort et je ne me mettais pas à crier. Les élèves me percevaient de cette façon-là, en disant que Rachel, elle est accessible, on est capable de lui parler. […] Une personne accessible à qui on peut parler, qui va être à l’écoute puis qui va être là si on a besoin d’elle.
Q Qu’avez-vous remarqué au fil des années dans le milieu scolaire?
R On voit que le rythme est très accéléré. Les enfants sont toujours des enfants, mais ils ont accès à beaucoup plus d’informations avec internet, les différents médias sociaux. Ils ont besoin d’être alimentés différemment. Tout ce qui est technologie pour eux, c’est très parlant. […] En éducation, c’est sûr que les choses bougent constamment. […] Je pense que pour quelqu’un qui veut travailler en éducation, peu importe le rôle qu’on joue, il faut être prêt à s’adapter et prêt à vivre le changement.
Q Quel est votre plus beau souvenir de directrice?
R C’était vraiment touchant ce qu’ils ont fait à la fin de l’année scolaire. […] C’était de voir les tout-petits qui devaient garder la surprise, mais qui y arrivaient difficilement et qui au fil des jours, me nommaient un peu plus de ce qu’ils étaient en train de faire. C’était vraiment très mignon et très drôle. C’était de toute beauté voir l’ensemble chanter. […] Des beaux moments, il y en a tellement. Tous les jours, on vit quelque chose de super le <@Ri>fun<@$p> et positif.
Q Quand les élèves sont envoyés au bureau de la directrice, qu’est-ce qui se passe dans le bureau?
R Peu d’élèves sont envoyés au bureau. Surtout dans une école comme ici, on a que des petits. Les enfants qui vont être à notre bureau, c’est surtout des enfants qui vont être anxieux. Ils ont besoin d’un temps calme, un temps de pause de la classe. Ils vont venir pour décompresser. Ce n’est pas nécessairement parce qu’on a fait quelque chose de pas correct. C’est un temps de répit pour retourner en classe et être bien, selon ce que chacun vit. […] On ne vit pas la même chose qu’avec les plus grands. Dans une école comme ici, le code de vie est bien implanté.
