Des femmes de la région âgées de 50 ans et plus ont mis leur ténacité à l’épreuve en retournant sur les bancs d’école pour ainsi parfaire leur compétence en bureautique et avoir plus de chance de se trouver un emploi de qualité.
Ces dames issues du programme de formation subventionnée par Emploi-Québec sont inscrites à l’Attestation études collégiales (AEC) en bureautique appliquée du Collège de Valleyfield. Elles ont terminé leur cours et semblent être très fières d’avoir relevé le défi. Les étudiantes ont accepté de participer à une discussion dirigée par Le Soleil de Châteauguay portant sur leur vision du marché du travail.
Des inquiétudes et des certitudes
«Je n’avais aucun diplôme, j’ai beaucoup d’expérience, j’ai fait du service à la clientèle, mais je n’ai jamais eu de diplôme. Suivre des études sur deux ans, c’était trop long pour moi», remarque Myriam Bailbé. Quand elle a pris connaissance du programme AEC d’une durée de huit mois, elle a sauté sur l’occasion.
«Mentalement, j’essaie de rester positive, j’ai eu beaucoup d’emplois en bureautique. C’est quelque chose qui peut être possible», soutient pour sa part Danielle Beauchamp.
«C’est en faisant des applications que je me suis rendu compte que je n’avais pas de formation récente, c’est ce qui m’a poussée à suivre la formation», dit d’entrée de jeux Martine Hébert.
En général, les étudiantes affirment que la formation a répondu à leurs besoins.
«C’est une autre réalité, je ne pensais jamais que ce serait aussi gros, confie Suzanne Thibault. On a été très courageuse et persévérante. On est capable de rivaliser avec les jeunes qui sortent des cours», entrevoit-elle.
Nadine Grisanti était en recherche d’emploi depuis un an. Sa formation datait d’il y a 20 ans. Une formation récente s’avérait être une bonne solution pour réintégrer le marché du travail. «On a été capable de prouver que les petites vieilles, on est encore capable», affirme-t-elle.
Diplômée pour affronter le marché
Elles pensent que la recherche d’emploi sera difficile, mais que le diplôme fait la différence. Selon Diane Poulin, il lui reste encore plusieurs années devant elle. Cette dernière croit être une alliée importante pour son futur employeur lorsqu’il aura besoin de former la relève. Elle sait qu’à 65 ans, le temps partiel lui conviendra. «C’est de cette façon-là que je vois ce futur tremplin», raconte-t-elle.
Tendance de l’expérience
Alain Gosselin, professeur en gestion des ressources humaines au HEC de Montréal, croit que la main d’œuvre de 50 ans et plus constitue de bons employés pour certains employeurs qui recherchent la stabilité. «Il y a une tendance à embaucher des gens plus âgés que le contraire», indique-t-il. Les entreprises recherchent des gens avec de l’expérience. Le manque de personnel pour former la jeune main-d’œuvre est l’un des principaux facteurs. Les compagnies n’ont pas beaucoup de temps à investir dans la formation de leurs ressources humaines, selon M. Gosselin.
Par contre, dans un secteur d’activité où les technologies sont mises de l’avant, l’embauche d’un jeune travailleur qui a une formation plus récente et complète est favorisée, nuance-t-il. «À ce moment, on va aller avec des plus jeunes parce qu’ils sont beaucoup plus à l’aise avec les technologies, mais si vous parler d’emploi en relation client, on va essayer de mettre des gens un petit peu plus âgés qui ont plus de maturité», perçoit-il.
Combler les compétences
Emploi-Québec fait l’achat de formation auprès des collèges et autres institutions de perfectionnement pour répondre à un besoin sur le marché du travail. «Là où on essaie d’agir spécifiquement, c’est là où il y a un déséquilibre», indique Mario Choquette, économiste à Emploi-Québec. En 2015, près de 312 personnes ont participé à ces programmes. Parmi elles, 74 étaient classées dans la tranche d’âge de 50 à 64 ans. Lorsqu’elles ont complété la formation, 61 personnes ont répondu au sondage d’Emploi-Québec et 57 d’entre elles avaient complété la formation. Au moment de l’enquête, 65% occupaient un emploi et 81 % avaient un emploi relié à la formation. Le taux de satisfaction était de 92 %, selon l’économiste.
Plus de 50 à 64 ans au travail
Le taux d’emploi de la tranche d’âge de 50 à 64 ans en 1990 était de 51 %, tandis qu’en 2015, il était de 70 %. Une hausse de l’âge médian de la retraite est observée. En 2007, il était de 59 ans et en 2015, 62 ans. (Source : Emploi-Québec)
