Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) demande au gouvernement des ajustements en vue de la réforme du Règlement sur la certification des résidences privées pour aînés. L’organisation souhaite le retrait de systèmes de contrôle d’accès dans les résidences hébergeant des aînés autonomes et semi-autonomes.
«La grande majorité [de ces résidences] n’accueille pas des gens à risque d’errance», précise Hans Brouillette, directeur des affaires gouvernementales et publiques du Regroupement. Des aînés vivant avec des pertes cognitives qui y habitent s’y trouvent faute de place dans une résidence répondant à leurs besoins. D’autres, aujourd’hui malades, y ont fait leur entrée alors qu’elles étaient en bonne santé. Leurs proches refusent un déménagement; la résidence actuelle offrant déjà des services, explique M. Brouillette.
Sécurité et bien-être
Les personnes dans une résidence privée pour aînés (RPA) s’attendent à un degré de sécurité, mais leur bien-être importe davantage. Le bien-être, c’est «la liberté de mouvement, de profiter du milieu de vie et d’en sortir aussi», convient Hans Brouillette. [Malgré les soins offerts], il ne faut pas considérer tous les gens qui vivent en RPA comme des gens malades ou avec un handicap cognitif.»
Dans la présente version du Règlement, en vigueur depuis 2022, la sécurité dans les résidences privées pour aînés s’avère restrictive, selon M. Brouillette. Le Règlement exige l’affichage des menus dans les RPA de plus de 10 places, l’installation d’un dispositif contrôlant la chaleur de l’eau, en vertu du code de sécurité de la Loi sur le bâtiment, et la mise sous clé des produits nocifs dans toutes les résidences, entre autres. Une personne autonome ne peut garder à portée de main son savon à lessive, affirme M. Brouillette en référence au dernier point. «Laissez-les tranquilles. C’est trop de travail. Ça devient trop lourd», ajoute-t-il à la défense des résidences privées pour aînés de petite taille.
Mettre en place des mesures engendre également des coûts pour les occupants. «C’est la raison pour laquelle ça coûte si cher au Québec», lance le directeur des affaires gouvernementales et publiques. L’ajout de systèmes de sécurité et l’embauche de professionnels de la santé le jour comme la nuit, par exemple, font d’une résidence un endroit sécuritaire, mais ces mesures peuvent conduire à sa fermeture. «On entraîne des coûts qui font en sorte que les loyers deviennent à ce point élevés que les ainés ne peuvent plus payer et l’entreprise ne peut pas absorber des dépenses supplémentaires qu’elle ne peut pas transférer aux résidents», admet-il.
Au total, 36 RPA en Montérégie ont fermé leurs portes depuis 4 ans. La région en compte 192. Hans Brouillette estime que le tiers d’entre elles éprouvent des difficultés.
Soutien et information aux RPA
Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre informe et soutient les RPA en matière de réglementation et son application.
Le Règlement sur la certification des résidences privées pour aînés comporte des mesures en fonction de la catégorie des milieux de vie et le profil des résidents, affirme par courriel le CISSS de la Montérégie-Centre. Les résidences privées pour aînés semi-autonomes doivent assurer une surveillance de leur clientèle «présentant des risques d’errance» via diverses mesures. «Ces mesures peuvent inclure des systèmes de contrôle ou de détection des entrées et des sorties, installés sur les portes donnant accès à l’extérieur de l’immeuble. Ces mécanismes de sécurité permettent d’avertir le personnel lorsqu’un résident présentant des risques d’errance quitte l’immeuble, afin de prévenir les situations d’errance», fait part l’organisation.


