Des riverains le long du lac Saint-Louis à Beauharnois sont aux prises avec le déversement de rejets sanitaires sur la rive du plan d’eau, informe le quotidien La Presse. La situation est telle depuis deux ans. Dans l’article publié le 14 septembre, Québec pointe du doigt les infrastructures municipales. La Ville reconnaît ses responsabilités, mais précise que l’état du lac Saint-Louis lors d’intempéries n’est pas étranger à la situation.

Les résidents soulèvent la présence de tampons, préservatifs et déjections parmi les débris. Les rejets sanitaires s’accompagnent d’odeurs nauséabondes, rapporte l’équipe d’enquête de La Presse, sans oublier le départ de poissons ayant déjà habité les lieux.

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) blâme la Ville de Beauharnois. Les rejets sanitaires proviendraient du réseau d’égout. Des «raccordements croisés», des résidences branchées au réseau pluvial et non sanitaire, seraient également en cause.

À la lecture de documents obtenus du Ministère, La Presse réfère à des «mois de communications tendues avec la Ville de Beauharnois», et une administration qui «a pourtant rechigné à s’attaquer au problème» à la suite de visites sur le terrain du Ministère. C’était en octobre 2025. Québec a envoyé une amende de 5000 $ à la Ville pour manquement au nettoyage des berges en février, une mention de la Loi sur la qualité de l’environnement. La Ville l’a contestée.

Remplacement d’une infrastructure

Par voie de communiqué de presse, la Ville de Beauharnois explique être intervenue lorsque le rejet de débris sanitaires découlait du réseau d’égout. À la fin 2025, une infrastructure du secteur Sainte-Catherine a été remplacée en raison d’une anomalie. «Des tournées régulières sont effectuées et documentées par les équipes municipales afin de suivre l’évolution de la situation et d’intervenir lorsque nécessaire»,affirme l’administration municipale.

À Beauharnois, les infrastructures municipales datent de «plusieurs décennies». Certains secteurs voient leur réseau d’égout recueillant à la fois les eaux pluviales et sanitaires. La Ville entend diviser les réseaux «d’ici la fin de 2030». «[…] On aimerait pouvoir tout régler demain matin, mais la réalité, c’est qu’on hérite de réseaux qui ont été construits il y a 40, 50 ans, parfois plus, et qu’on doit aujourd’hui mettre à niveau. Ça représente des dizaines de millions de dollars de travaux», indique le maire Alain Dubuc en ajoutant que le financement provient du compte de taxes des résidents, entre autres.

Outre le réseau d’égout, Beauharnois attribue la situation aux conditions du plan d’eau. «Les courants, les vents, les précipitations, les variations du niveau de l’eau et le déplacement de matières provenant d’autres endroits peuvent notamment influencer l’endroit où des débris se retrouvent et s’accumulent», écrit-elle.

Beauharnois dit avoir nettoyé la rive en octobre, ainsi que les 7 et 28 novembre 2025. Elle ajoute poursuivre cette opération «lorsque de petites quantités de débris sont observées au cours des inspections».