Un chauffeur d’autobus de la compagnie Transdev a été congédié après avoir fait preuve de rage au volant alors qu’il transportait des passagers en route vers Châteauguay. Son syndicat a contesté sans succès son congédiement.
Dans la sentence arbitrale rendue le 24 octobre par l’arbitre Richard Bertrand, on y apprend que le chauffeur d’autobus en question était assigné au circuit 28 qui fait la liaison entre le centre-ville de Montréal et Châteauguay. Le 27 janvier 2017, vers 16 h 30, il roulait dans la voie de droite sur l’autoroute 720 ouest à Montréal. Selon deux automobilistes témoins qui ne se connaissent pas, l’autobus s’est rangé à gauche de façon abrupte à deux reprises pour coincer une voiture Jetta, qui roulait dans la voie de gauche, entre le véhicule lourd et le muret de béton. Un des témoins précise que tous les véhicules qui suivaient la voiture ont dû s’arrêter brusquement à deux reprises en raison du comportement du chauffeur d’autobus. L’un des automobilistes avait vu la voiture Jetta tenter de doubler l’autocar avant que ce dernier le coince. Les deux témoins ont signalé l’incident au Conseil intermunicipal de transport du Sud-Ouest, qui gérait ce circuit d’autobus à l’époque, car ils jugeaient ces manœuvres dangereuses.
La version du chauffeur
La version du chauffeur diffère de celle des témoins. Le chauffeur de Transdev raconte qu’il cherchait à se ranger dans la voie de gauche pour suivre la direction vers le pont Mercier. «La manœuvre s’avère difficile puisque la route est rétrécie en raison de travaux de construction et que peu de conducteurs semblent disposés à lui céder le passage», écrit l’arbitre Richard Bertrand dans sa décision. Le conducteur voit une fenêtre d’opportunité de se ranger à gauche devant la voiture Jetta. Le chauffeur affirme que le conducteur de la voiture n’a pas apprécié et l’a klaxonné «de façon continue». Il raconte que la Jetta a ensuite tenté de doubler l’autobus et de le couper à droite. C’est par la suite que le conducteur de l’autocar a coincé la voiture près du muret de béton «pour obliger le conducteur de la Jetta à rouler lentement et ainsi ‘’protéger son devant’’».
Congédiement justifié selon l’arbitre
Mise au courant de cet incident par les deux témoins, la compagnie Transdev suspend son employé. Après enquête, l’employeur de Châteauguay décide de le congédier justifiant qu’il y a «tolérance zéro pour ce genre de comportement».
Le Syndicat des conducteurs et conductrices d’autobus interurbains du Sud-Ouest a contesté ce congédiement qu’il qualifie «de mesure excessive» puisque l’employé a fait part de regrets et qu’il n’avait pas de dossier disciplinaire.
L’arbitre a donné raison à l’employeur. Me Bertrand écrit que: «céder à la rage au volant et couper délibérément la route à un autre véhicule circulant sur l’autoroute constitue assurément une faute grave. Lorsque la personne qui se comporte de cette façon est un chauffeur d’autobus dans l’exercice de ces fonctions qui est donc responsable de très nombreuses vies humaines, la faute devient impardonnable».

