Comme le pharmacien-propriétaire Jacques Thibault, le Conseil canadien du commerce de détail anticipe des augmentations de prix dans tous les domaines en raison de l’effondrement du dollar canadien ces derniers mois.

Jusqu’ici, les détaillants du pays ont fait beaucoup d’efforts pour absorber à même leurs marges le coût plus élevé des produits payés en argent américain, indique Nathalie St-Pierre, vice-présidente Québec du Conseil. Certains bénéficiaient aussi de contrats leur garantissant des prix à long terme, qui arrivent à échéance. «Il y a eu toutes sortes de stratégies déployées mais, à la fin de 2015, le dollar canadien a chuté de façon dramatique et vite. La plupart des détaillants consultés sont au bout du rouleau de minimiser les impacts», fait-elle part.

5 % plus cher

La moitié des détaillants anticipent une hausse de prix de leurs produits «d’environ 5 % ou un peu plus», selon Mme St-Pierre, et les autres une augmentation inférieure à 5 %.

Une majoration de 20 % n’est pas impossible dans certains secteurs, à son avis. «Tout dépend du type de produits», nuance-t-elle.

Optimiste

La vice-présidente Québec du CCCD voit toutefois de la lumière au loin. «L’économie de la Chine ralentit. Elle va peut-être donner des conditions intéressantes. On peut aussi se tourner vers l’Europe pour obtenir de meilleurs prix. Les entreprises travaillent très fort. De nouvelles opportunités se créent. Je suis optimiste à long terme», affirme Nathalie St-Pierre.  Elle cite en exemple le prix du chou-fleur qui s’est replié après un bond. «On en a trouvé en Espagne et il est revenu à un meilleur prix», explique-t-elle.

L’essence dans la balance

Le Conseil québécois du commerce de détail abonde dans le même sens que son homologue canadien mais anticipe une hausse de 2 %. «L’impact de la baisse du dollar canadien a grandement affecté les détaillants en 2015. Compte tenu que la majorité des achats s’effectue en dollars américains, il est possible de croire que les détaillants refileront en tout ou en partie cette différence au consommateur en 2016», indique-t-il dans son «Bilan 2015 et perspective 2016» réalisé par le Groupe Altus. Le Conseil note que la baisse du prix de l’essence a, en contrepartie, représenté des économies de 2,6 milliards de dollars en 2015 pour les consommateurs québécois, «ce qui a été favorable aux autres secteurs du commerce de détail» dans la province. Au final, les ventes ont progressé de 3,9 % l’an passé, en excluant les stations-service.