Etienne Kagimbi déplore que son fils de six ans ait droit au transport scolaire mais pas sa fille de huit ans.

La famille habite à 1,52 km de l’école primaire Saint-Jude à Châteauguay alors que la limite donnant droit au service d’autobus jaune pour les élèves de 8 ans et plus est de 1,6 km. «Je suis d’accord avec la limite de 1,6 km mais pas pour un enfant de 8 ans. C’est trop jeune. Ça lui prendrait 20 ou 25 minutes se rendre à pied à l’école. Il faudrait qu’elle passe par le boulevard Primeau qui est très achalandé. Ce n’est pas sécuritaire», affirme le père.

Il fait valoir que les enfants doivent composer avec plusieurs facteurs de stress sur le chemin de l’école comme faire attention aux voitures, ne pas parler aux inconnus, sans parler de l’hiver.

Selon lui, un écolier ne devrait pas avoir à marcher de longues distances avant l’âge de dix ans. «Si ma fille avait dix ans, ça irait», assure-t-il.

Des parents de son voisinage partagent ses inquiétudes et son mécontentement. C’est le cas de Samira Aouidad. «Je ne suis pas d’accord pour qu’un enfant de huit ans marche 25 minutes pour aller à l’école, a-t-elle confirmé au journal. Il faut penser à l’hiver. Même pour un adulte, marcher 25 minutes à – 20 ce n’est pas évident.»

Des parents du secteur se relaient pour conduire leurs enfants en voiture. Ce qui complique leur vie, laisse entendre M. Kagimbi. «Le matin, les parents couraillent partout», observe-t-il.

Il déplore aussi qu’un enfant d’une famille puisse monter à bord de l’autobus et l’autre non. «Mon fils veut suivre sa sœur. C’est inhumain de séparer les enfants», reproche M. Kagimbi.

Transport par autobus possible

À la suite des doléances qu’il a exprimées, la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries a indiqué à M. Kagimbi que sa fille pourrait embarquer dans l’autobus scolaire s’il y reste de la place après le 30 septembre. «Ça va nous mener au 15 octobre. Ça fait 45 jours après la rentrée. C’est beaucoup. C’est 45 jours d’enfer pour nous les parents», proteste le père. Il soutient qu’il y a dès maintenant beaucoup de places libres dans les autobus.

Beaucoup de changements

La Commission scolaire des Grandes-Seigneuries a indiqué au journal qu’elle agissait dans le respect de sa politique sur le transport scolaire «pour tous les élèves du secteur jeunes». Concernant les places libres dans les autobus, la porte-parole Mylène Godin expose : «Le délai peut sembler long, mais il est important de nous assurer que les élèves qui ont droit au transport scolaire aient une place dans les autobus avant d’attribuer les places disponibles. Il y a beaucoup de modifications en début d’année notamment à cause de changements d’adresses, de nouvelles inscriptions, etc. À titre informatif, plus de 13 700 élèves sont transportés par véhicules scolaires.»

 

Ce que l’enfant en dit

«Est-ce qu’on peut prendre le bus ? On a peur de marcher tout seul», a demandé au journal Maïka, la fille d’Étienne Kagimbi, en début d’entrevue, mercredi matin. Elle a indiqué avoir fait le parcours à pied entre sa maison et l’école une fois. «J’ai trouvé ça long et j’avais beaucoup mal aux pieds», a-t-elle confié.

 

Distances pour l’admissibilité au transport

– Préscolaire 600 mètres

–       1er cycle du primaire 1 200 mètres

–      2e et 3e cycles 1 600 mètres

 

Quelques chiffres sur la CSDGS

23 100 élèves au primaire et au secondaire

13 700 élèves transportés