En novembre, La Prairie et Beauharnois ont annoncé l’ouverture de leur halte chaleur respective. Les deux sites accueilleront les personnes vivant en situation d’itinérance depuis le 1er décembre. Entre les deux villes, où se tournent les hommes et les femmes de Châteauguay aux prises avec la même problématique?
Ils sont référés à la halte de La Prairie, souligne la codirectrice de l’Élan des jeunes à Châteauguay Marie-Pier Gendron. Bon an, mal an, l’organisme conduit directement vers l’organisme l’Avant-garde les personnes vivant en situation d’itinérance.
Il en fera de même pour la halte climatique à Beauharnois; une nouvelle option qui en est à sa première année. «On n’est pas un service de taxi, prévient Mme Gendron. [On le fait dans] des situations particulières.» L’Élan des jeunes offre un service d’hébergement temporaire au groupe des 16-22 ans en situation d’itinérance ou susceptibles de le devenir.
Financement «minime»
Une halte chaleur manque à Châteauguay. La codirectrice de l’Élan des jeunes parle de financement «minime» de Québec et Ottawa pour voir à la gestion d’une halte chaleur. «Il faut payer des intervenants sur place», exprime-t-elle.
Les aides gouvernementales dédiées à la région de Jardins-Roussillon ont été octroyées à l’Avant-garde. Oui, l’organisme a levé la main pour tenir en ses lieux une halte chaleur. Mais la présence d’un centre de jour à la même adresse, a facilité les choses, selon Mme Gendron.
«Un trou de service»
L’absence d’un centre de jour à Châteauguay représente «un trou de service», selon Mme Gendron. L’Élan des jeunes travaille à l’implantation d’un centre de jour permanent, jumelé à un site d’hébergement de longue durée. Or, l’organisme se heurte à des règlements d’urbanisme de la Ville de Châteauguay. «Il y a eu un enjeu au niveau de l’achat du bâtiment, le zonage, mentionne Marie-Pier Gendron. On ne peut pas mettre un centre de jour où l’on veut. C’est la difficulté qu’on a rencontrée à Châteauguay. C’est difficile de changer un zonage.» Un centre de jour doit être construit dans une zone institutionnelle, informe Mme Gendron. Si une modification au zonage s’avère, il faut prévoir un délai de six mois et «une possibilité d’un référendum citoyen».
Le directeur du développement et des partenariats auprès de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (FROHME) Martin Bécotte reconnaît l’absence d’une halte chaleur à Châteauguay et même d’un refuge d’urgence. «On a moins de ressources pour l’urgence, mais on a des ressources pour répondre à des besoins de manière durable», souligne-t-il.
Hébergement permanent
M. Bécotte affirme que Châteauguay compte parmi les villes dont le parc immobilier est constitué à 20 % de logements permanents et sociaux; «un leadership unique au Québec», selon lui. Le projet KWE 55, aménagé dans l’ancien motel Rustik, regroupe à lui seul 31 logements. Ils affichent complet et les noms de 15 résidents de Kahnawake et Châteauguay se retrouvent sur une liste d’attente.
Martin Bécotte explique que la FROHME étudie la possibilité d’agrandir les lieux pour ajouter des logements d’urgence à l’offre. L’organisme a visité plusieurs sites, afin de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs.
La FROHME se questionne. La venue de personnes vivant en situation d’itinérance pourrait influencer la clientèle du Kwe 55, des personnes vulnérables en voie de retrouver leur autonomie. «Est-ce que c’est à la FROHME de prendre ce leadership? Est-ce que le Kwe 55 est un bon endroit? On est encore en réflexion», souligne M. Bécotte.
Acceptabilité
L’acceptabilité d’une Ville et des résidents à côtoyer la clientèle d’un centre de jour demeure un défi. Marie-Pier Gendron sait que le projet demande «beaucoup d’ouverture»; un centre de jour accueillant, aide et soutient «toute personne en situation de précarité».
Dans l’attente d’être les témoins de la construction d’un centre de jour, la codirectrice de l’Élan des jeunes explique que les organismes communautaires de Châteauguay font tout en leur pouvoir pour soutenir les personnes vivant en situation d’itinérance.
2 types d’itinérance
- Itinérance visible : personnes vivant dans la rue, dans les refuges ou les ressources d’hébergement.
- Itinérance cachée : personnes dormant dans leur voiture, chez des amis ou un établissement de brève durée, comme une maison de chambre.
(Source : Centraide du Grand Montréal)
L’itinérance à Châteauguay
- 101 personnes itinérantes ont été recensées entre octobre 2024 et septembre 2025
- Au total, 21 personnes vivaient une itinérance à risque, 37 cachée, 41 visible. Le type d’itinérance demeure inconnu pour 2 personnes.
(Source : Table Itinérance Jardins-Roussillon)

