Un homme d’affaires de Châteauguay est furieux de devoir payer une amende de 735 $ pour des graffitis cachés à la vue du public. La Ville justifie sa politique.
L’entreprise Développements immobiliers RMR appartenant à Raymond Houle a écopé un constat d’infraction le 20 septembre 2016 pour avoir «maintenu un graffiti» sur un garage lui appartenant. «L’immeuble est éloigné de la route. Les graffitis sont situés à l’arrière. Personne ne peut les voir à part les arbres et les champs ! Ce n’est pas de la pollution visuelle. Je trouve ça abominable», dénonce M. Houle. Il a contesté en vain en Cour municipale le constat reçu.
D’accord avec le règlement
Le citoyen se dit d’accord avec le règlement municipal qui oblige tous les propriétaires de la Ville à nettoyer les gribouillis sur leur propriété, à l’exception des maisons unifamiliales et des condos. Une politique adoptée en 2012 pour combattre une épidémie de dessins indésirables dans la localité. «Je suis d’accord avec ça mais il y a aussi une question de gros bon sens», opine M. Houle. Il précise qu’après l’intervention de la Ville, à l’automne, il a masqué avec de la peinture des graffitis apparaissant à l’avant et sur un côté de sa bâtisse. «Je n’avais même pas vu qu’il y en avait en arrière», se défend-il.
Position de la Ville
Pour la municipalité, la visibilité n’est pas un facteur à considérer. «Face au phénomène des graffitis, il faut comprendre que la problématique n’est pas de savoir si un graffiti est visible ou non par les citoyens. Bien souvent, un graffiteur commence sur une partie d’un bâtiment et poursuit ses méfaits sur le reste de la façade. Il importe donc d’enrayer le problème dès l’apparition d’un graffiti», fait part Éric Laparé, agent d’information de la Ville de Châteauguay.
En 2016, la municipalité est intervenue auprès de 12 propriétaires, selon M. Laparé. Du nombre, 10 ont offert une «collaboration rapide», indique-t-il, et deux ont reçu un constat d’infraction. L’amende minimale est de 500 $ plus les frais de 141 $ portant le total à 641 $. La contestation en Cour municipale a fait monter la facture de M. Houle à 735 $.
Mesure efficace
Selon la municipalité, la politique sur les graffitis adoptée en 2012 à la suite de consultations porte ses fruits. «Nous n’avons pas le décompte officiel, mais nous avons remarqué que les interventions sont en baisse depuis l’entrée en vigueur du programme en 2012. Sur le terrain, nos inspecteurs ont constaté une nette diminution des graffitis en comparaison aux années 2010 et 2011», indique Éric Laparé.
