Le prix de l’essence atteint actuellement des sommets pas vus depuis 2022 en Montérégie et partout au Québec, conséquence de la guerre en Iran. Mais avant ce conflit, le prix diminuait d’année en année. Voici quelques faits à savoir sur le prix de l’essence en Montérégie.
En baisse depuis quatre ans
En marge du conflit en Ukraine, le prix de l’essence ordinaire avait atteint son paroxysme en Montérégie en 2022, avec un prix moyen pour juin 2022 de 214,8 ¢/L et un prix moyen pour l’année 2022 de 177,2 ¢/L; deux sommets pour la région.
Depuis, le prix moyen a diminué chaque année. Il en a coûté en moyenne 164,2 ¢/L en 2023, 162,0 ¢/L en 2024 et 153,2 ¢/L en 2025.
Mais encore, janvier (141,1 ¢/L) et février (143,7 ¢/L) 2026 ont été les deux mois les moins chers sur le prix de l’essence depuis septembre 2021.
La tendance a été brisée en mars, avec une moyenne de 171, ¢/L.
Qu’est-ce qui détermine le prix?
Deux facteurs déterminent principalement le prix de l’essence, selon le plus récent rapport annuel sur l’évolution du marché au détail d’essence ou de carburant dieselde la Régie de l’énergie : le coût d’acquisition et les taxes.
Ceux-ci «expliquent plus de 90% des coûts du carburant à la pompe», résume la Régie.
Ce sont d’ailleurs les fluctuations dans le coût d’acquisition qui explique pourquoi l’essence est aussi chère à l’heure actuelle et qu’elle l’était beaucoup moins au début de l’année.
Par exemple, le prix d’acquisition pour les essenceries du Vieux-Longueuil était estimé à 135,1 ¢/L le 7 avril et à 83,7 ¢/L le 7 janvier, soit une différence de 51,4 ¢/L. Le prix du transport est inclus dans ces montants, mais il est marginal par rapport au reste (estimé à 0,6 ¢/L pour le Vieux-Longueuil).
Ces prix sont basés sur des indicateurs internationaux. C’est pourquoi ils montent même si l’essence au Québec provient entièrement de l’Amérique du Nord. Selon les plus récentes données de la Régie de l’énergie, en 2020, environ 53% des approvisionnements pétroliers du Québec provenaient de l’Ouest canadien et 47%, des États-Unis.
Il était auparavant importé de l’Algérie, du Royaume-Uni, de la Norvège, du Kazakhstan et de l’Afrique de l’Ouest.
Les taxes
Les taxes ne fluctuent pas comme le coût d’acquisition, mais sont un élément important du prix de l’essence et de sa différence entre les régions.
La taxe d’accise fédérale (10,0 ¢/L) est la même pour tous, mais la taxe sur les carburants provinciale varie énormément. Celle-ci est de 19,2 ¢/L à la base, mais peut augmenter ou baisser selon la région.
Par exemple, il en coûte 3 ¢/L de plus pour les régions desservies par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) afin de financer le transport en commun. Ainsi, l’essence coûte 3 ¢/L de plus à Beauharnois (dans l’ARTM) que dans la ville voisine de Salaberry-de-Valleyfield (hors de l’ARTM).
Des rabais sont aussi appliqués à certaines régions, notamment celles voisines des États-Unis. Ainsi, dans une région à moins de 5 km de la frontière américaine, la taxe provinciale est moins chère de 12,0 ¢/L. Des rabais sont également apportés dans les essenceries près des frontières de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.
La marge de profit des stations-services joue également un rôle dans la variation des prix, parfois dans un même territoire.
Ainsi, le 8 avril, la marge estimée dans l’arr. du Vieux-Longueuil était plus chère (7,2 ¢/L) que dans les arr. de Saint-Hubert et Greenfield Park (5,0 ¢/L). La MRC Marguerite-D’Youville, voisine de Longueuil, affichait pour sa part une marge estimée négative de -2,4 ¢/L.
Sous la moyenne dans les dernières années
En 2025, la Montérégie se situait en milieu de peloton pour le prix de l’essence avec la 8e moyenne la plus élevée parmi les 17 régions administratives du Québec.
Si le prix de l’essence a diminué dans les dernières années, il a diminué davantage dans les autres régions. En 2024, la Montérégie était la 11e région où le prix était le plus élevé. En 2023 et 2022, la 13e.
Il faut remonter avant 2020 pour observer une autre année où le prix était plus cher en Montérégie que la moyenne de toutes les régions. En 2019, la région était la 7e plus chère, et en 2018 et 2017, la 5e plus chère.
À noter cependant que la Montérégie est une grande région et que le prix varie énormément selon l’endroit où l’on se situe. Par exemple, entre le 30 mars et le 2 avril, le prix moyen de 172,0 ¢/L dans le secteur frontalier avec les États-Unis (Huntingdon, Lacolle) était l’un des moins chers de la province et celui de 195,7 ¢/L dans le Vieux-Longueuil l’un des plus chers.

