La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) allègue que plusieurs Villes, dont Mercier, ne paient pas leurs membres qui ont été placés en retrait préventif à cause de la COVID-19. La Municipalité dément ces accusations, alors qu’elle affirme qu’aucun de ses policiers n’a été renvoyé à la maison sans salaire pour cette raison.
Le directeur général de la Ville, René Chalifoux, ne comprend pas d’ailleurs pourquoi Mercier a été citée par la FPMQ aux côtés des services de police de Saint-Jean-sur-Richelieu, Mirabel et Gatineau, notamment.
«J’ai discuté avec les représentants du syndicat local et il n’y a eu aucune problématique à cet égard, assure M. Chalifoux. La Fédération parle sans savoir ce qui se passe de notre côté.»
Il informe qu’à un moment, les policiers ont craint de devoir retourner à la maison par mesure préventive à la suite d’un incident qui s’est déroulé au poste.
«Une personne blessée s’est présentée et il y avait apparemment un risque qu’elle soit atteinte de la COVID-19. Cela s’est avéré faux, finalement, mais nous n’avions pas pris de risque», explique le directeur général.
Puis, M. Chalifoux rappelle que tous les policiers ayant voyagé à l’extérieur du pays avant le 13 mars ont été placés en quarantaine à leur résidence.
«Ils ont été payés», rapporte-t-il.
Si des policiers présentent des symptômes grippaux, le processus d’invalidité prévu dans l’entente serait alors enclenché, souligne M. Chalifoux.
En plus d’en faire mention lors de son point de presse quotidien sur les réseaux sociaux, la Ville a martelé que les allégations de la Fédération étaient fausses dans un communiqué de presse paru lundi en fin d’après-midi.
«La Ville de Mercier entend continuer de traiter tous ses employés équitablement face à cette maladie», a-t-elle indiqué.
«Pratiques révoltantes»
Dans un communiqué qu’elle a fait parvenir le lundi 20 avril, soit trois jours après la publication d’un article de La Presse à ce sujet, la FPMQ soutient que ces policiers sont victimes «de pratiques révoltantes et d’un manque de respect flagrant de la part de plusieurs villes».
«C’est immoral! Les policiers ne demandent qu’à être respectés lorsqu’ils développent des symptômes reliés ou sont à risque d’avoir été infectés par la COVID-19. En temps de pandémie, c’est le strict minimum», estime son président, François Lemay, aussi président de la Fraternité des policiers de Châteauguay.
La FPMQ demande au ministère de la Sécurité publique d’intervenir, afin que ce dernier émette une directive voulant que les policiers en retrait préventif soient rémunérés.
Questionné sur ses options, le ministère a indiqué au Soleil de Châteauguay que cette intervention n’est pas de son ressort, puisqu’il ne régit pas les questions de salaire.
Le Journal attend un retour d’appel de la Fraternité des policiers et policières de Mercier.

